5 semaines en Ethiopie

Nous arrivons à la fin de notre séjour en Ethiopie. Après la vallée de l’Omo et notre rencontre avec ses peuplades, nous empruntons les pistes pour passer, de manière clandestine, la frontière avec le Kenya. Il nous reste environ 130 km.  Nous sommes comme hors du temps, hors de toute civilisation excepté quelques villages perdus dans des étendues incroyables.

De temps en temps, nous croisons un groupe de femmes et enfants puisant de l’eau. Elles creusent un trou de 80 cm de profondeur  dans le lit d’une rivière en saison des pluies. Très vite, il y a de l’eau qu’elles  prennent  à l’aide d’un petit pot en plastique et qu’elles versent dans de gros bidons. Ces gros bidons jaunes utilisés dans tout le pays et transportés sur la tête, sur le dos, sur le dos des ânes, sur des charrettes. Une fois remplis, elles repartent les bidons sur la tête vers quelques huttes rassemblées un peu plus loin sur la piste. Quand nous nous arrêtons, ce sont des hommes qui viennent à notre rencontre, toujours avec leur fusil, leur repose tête en bois, un bâton et de temps en temps une bouteille en plastique (souvent vide).  Ils nous observent et restent souvent de longs moments. Nous arrivons devant une barrière, un poste de police, derniers éthiopiens avant le Kenya. Soudain, Laurent s’arrête. Pourtant, la piste n’est pas difficile, il n’y a pas d’obstacle, nous ne sommes pas en panne et les autres suivent. Rien dans les paysages ne change et cependant le GPS nous indique la frontière avec le Kenya. Nous sommes tous ravis, nous y sommes. Mais la route sera encore longue avant de revoir le macadam, une station d’essence, une banque, …

Nous voici donc à la fin d’un merveilleux périple à travers toute l’Ethiopie. 5 semaines intenses, avec des paysages magnifiques, une nature éblouissante.

Des montagnes, des sommets à plus de 4000 m, des plaines, un volcan, une mer de sel, les lacs d’acide, des lacs et des rivières, des plantations de bananes, de coton, …, des animaux peu connus de nos contrées, des ibex, des babouins, des oiseaux aux multiples couleurs, des dik dik, des tortues énormes, des lézards, …et un peuple.

Un peuple qui marche.

Sur toutes les routes, des gens à pied, des femmes et des enfants pliés en deux sous le poids de leurs fagots de bois, de bidons jaunes remplis d’eau, de grands sacs de grains ou de riz.

Un peuple très pauvre. Certainement habitué aux aides humanitaires. Ils considèrent les étrangers comme des portefeuilles ambulants. Dès que nous nous arrêtons, même dans les endroits reculés, nous sommes entourés d’une dizaine de personnes si pas plus et tous à crier les même mots « give me, give me pen, give me money, give me … ». Même sur le bord de la route, les enfants nous font signe en criant « give me ». Malheureusement, bien souvent, ils nous jettent des pierres car nous ne répondons pas à leur demande. Malheureusement, nos enfants se sentent souvent menacés voire attaqués. Au cours de ces 5 semaines, nous n’avons passé que 2 soirées sans observateurs ou scouts, mais à notre réveil, tous les jours nous étions entourés. Certains passant la nuit dehors devant les véhicules avec juste une couverture, qu’ils portent toujours sur eux, pour se protéger du froid de la nuit (en effet, nous sommes souvent à plus de 2000 m d’altitude et les nuits sont fraîches).

Ces 5 semaines, ce sont aussi et surtout  5 semaines de partage avec Franzi et Gerry.

Un tout grand merci à eux deux.

 

PS : Un très joyeux anniversaire à Guibert et Chacha.

Et de très bonnes vacances de carnaval à vous tous

10 réflexions sur « 5 semaines en Ethiopie »

  1. Bonjour,

    Votre récit me rappelle mes vacances au Maroc lorsque nous faisions le tours du pays en 4×4, nous avions le droit aux mêmes scènes lorsque nous approchions des villages. Ce n’est pas facile de passer comme ça dans des petits villages sans même s’arrêter ou même donner un stylo… Je me souviens qu’un jours dans un village au alentours du Sahara un enfant avait demandé de l’échanger contre notre fils, epic!

  2. Patrick, mon gars, ça c’est un post!
    Celui-là, je vais le relire quelques fois. Trop fort.

    Et puis je m’en voudrais de ne pas saluer – que dis-je, applaudir à tout rompre – les interventions de Françoise et Alain. Leurs posts me rappellent avec émotion les chefs d’oeuvre du regretté Devos et pas Lemmens. C’est vrai qu’il y a un petit quelque sauce – oups, non, chose – de ce bon vieux Raymond dans leur prose. Encore, encore!

  3. Juste un petit mot comme ça…

    Chacun de vos messages, sachez-le, (nonon je ne veux pas vous mettre la pression), nous fout un coup de blues, nous inquiète parfois, nous pose la question de ce qu’on fout ici, nous fait perdre 30 minutes de travail (et le reste), déclenche des torrents de controverses, fait tomber un gouvernement, produit 150 kg de CO2 au moins, remet à zéro le compteur qui semble ne pas avancer jusqu’au message suivant, remet en perspective nos petits soucis d’ici…

    Mais chacun de vos messages, sachez-le aussi, (mais non, vraiment pas – du – tout la pression, faites à votre aise), nous rassure, nous réjouis, nous transporte dans votre joyeuse galère, nous fait voyager, nous réunis autour de ce blog, nous décide à ouvrir une petite bouteille de vin à votre santé pour passer une bonne soirée (oups sorry ça c’est vache), nous fait faire des projets, nous remonte le moral, réchauffe cette planète qui – ici du moins – reste franchement caillante (re-oups sorry re-vache), retisse des liens qui tout compte fait n’ont jamais été défaits, nous émerveille, nous apprends plein de choses, nous fait réfléchir au monde qui nous entoure, … enfin bref, nous fait vraiment du bien…

    J’ai une petite requête à vous faire – juste une petite – pesez bien vos mots, vos photos, vos moments pour envoyer vos messages, de manière à essayer d’éviter les conséquences de la première moitié de ce petit mot, et de sublimer le second – juste ça… ça serait possible ?

    Merci d’avance,

    Patrick

  4. Mercredi, le 9 mars 2011.

    Bien chers septàvivre,
    Bien chers voyageurs,

    Quoi de neuf ?
    – Du neuf ?
    Du neuf à vivre ?
    – Du « 9àvivre » ?
    Ils seraient « à neuf » remis à neuf ?
    – La famille s’agrandirait ?
    De sept on passerait à neuf ?
    – Bénédicte et Laurent attendraient … non ? !

    Mais non, votre voyage se déroule, à lire les articles des co-voyageurs, à NEUF puisque vos amis Suisses vous font le plaisir de vous retrouver en safari.
    Et ils vous devancent, une fois de plus, dans les reportages. 🙂

    Et nous conseillons donc à vos lecteurs, s’ils veulent déjà connaître en partie le contenu de votre prochain article, de lire celui déjà écrit par Franziska et Gerry.

    Alors que vos articles nous parlent de la sortie de l’Éthiopie, les « petits Suisses » bien sympathiques parlent déjà de leur sortie du Kenya avec vous.
    Petits cachottiers !
    Et en lisant leur reportage on se rend compte qu’ils y ont rencontré les

    C élèbres
    L ions
    A fricains
    E n
    S afari.

    Quel hasard !

    Ils y ont mis du cœur et des belles photos de notre Super Pharaon Laurent Premier chassant le rhinocéros avec son « septàvivre ». Cela vaut le détour (de piste).
    Et le p’tit déj sur le toit du camion ? Essayez donc de faire cela ici par notre climat ?
    Voyez dans leur album les photos et plus particulièrement les numéros 69 à 73 dans leur reportage sur le Kenya.

    Avez-vous rencontré Clarence ?
    Vous vous souvenez de ce célèbre lion de Daktari ?
    Le lion qui avait un œil qui jouait au billard et l’autre qui comptait les points ?

    Et au vu de ce qui précède, nous nous attendons donc à de superbes reportages de votre part dans les jours qui viennent.

    Ici nous sommes en plein dans les préparatifs de la période de préparation du « maigre ».
    Alors pourquoi le prochain numéro du « SEPTÀVIVRE » ne serait-il pas consacré au « comment du quand et quoi pour combien » de ces manifestations vivantes que sont :

    C arnaval
    L aetare
    A musement
    E lucubrations
    S oumonces

    Qui fête cela là-bas ?
    Où ?
    Combien de fois ?

    Pour mémoire pour les distraits :
    vous avez déjà beaucoup fêté … depuis votre départ …
    deux fois Noël,
    deux fois Nouvel-An,
    deux fois les Rois,
    deux fois la Chandeleur,
    deux fois Saint-Valentin.

    Et dans la bonne suite logique des choses, vous fêterez donc :

    deux fois Carnaval …

    Y en a qui ne se gênent pas !

    Alors faites vite et racontez-nous vos aventures carnavalesques.
    Proches des autruches, qui fournissent les plumes des chapeaux des Binchoux, (ils furent très heureux cette année de sortir leurs chapeaux par un très beau soleil, oui, oui, du soleil même à Carnaval ça existe chez nous) quels déguisements, masques et chapeaux avez-vous adopté ?

    On pourrait dire « A vos plumes » mais « A vos claviers » serait plus exact …

    On attend de vos nouvelles dans votre prochaine revue, et en attendant :

    C O N T I N U E Z À N O U S F A I R E R Ê V E R !

    Nous vous embrassons.

    Françoise et Alain

    PS N° 1
    Nous nous posons quelques petites questions sur la scolarité des enfants.
    Oui, c’est le congé de Carnaval et ici on se repose … mais vous là-bas, en REPOS PERMANENT, un petit peu de travail devrait vous reposer …non ?
    Alors prévoyez-nous, après les vacances de Carnaval, un numéro spécial ayant pour thème :

    C ours
    L eçons
    A rithmétique
    E locutions
    S ciences

    Nous ne mettons aucune pression sur les enfants, loin de là …

    Et tant que nous y sommes, comme dans tout bon comité de rédaction, à prévoir les thèmes des prochains numéros, pensez déjà au fait que vous fêterez deux fois Pâques.
    Il va donc de soi que vous nous préparerez un numéro spécial sur ces différentes philosophies déjà rencontrées durant votre voyage et qui relèvent de :

    C atholicisme
    L aïcité
    A gnosticisme
    E vangélisation
    S ectes

    A vos plumes ! ! !

    PS N° 2 : Bonjour à vos amis Franziska et Gerry qui , en plus des magnifiques photos de la nature, vous mettent également en scène !

  5. Hello les amis,

    Quelques minutes de pose pour vous écrire quelques nouvelles d’ici.
    La pluie est de retour après une semaine de soleil.
    La famille Kozy’s, trouvant que leur maison n’était pas encore assez remplie, a adopté un nouveau chiot Jack ! Il est craquant, il faut bien le dire… Et maintenant, c’est deux chiens qu’il faut caser quand on part en vacances ! Enfin, un problème à la fois hein !
    Junior est chez nous pour toute la semaine (nous avons aussi notre petite portion d’Afrique sous la main !). Elena et Basile, eux, font un stage d’escalade. Elena me demande d’ailleurs de transmettre à son parrain un bisou spécial.
    Alors vous voilà au Kenya maintenant. Et la Namibie, c’est prévu pour quand ?
    Je trouve personnellement que la photo avec ses 3 silhouettes de femmes de dos, portant leurs bidons sur la tête, est magnifique (bon, je m’vois pas trop faire comme elles, j’aurai la tête écrasée après trois minutes moi).
    Et bien belle route à vous 7 (et puis à ceux qui vous accompagnent)
    Vos visages rayonnent de toutes ces belles choses,
    Bisous et à tout bientôt,
    Stèph

    P.S. Un bisou spécial pour Augustin de Dimitri. Il suit de prêt votre périple mais comme il trouve que j’écris déjà assez, il ne veut pas en ajouter ! Mon oeil oui !
    Eh, entre nous, il s’entraîne doublement à courir pour dépasser votre moyenne avec votre camion car il a été vexé que vous fassiez « à peine plus que lui, avec votre bahut »…

  6. Salut vous 7!
    Moi qui vous disait que je me sentais plus en sécurité à voyager via votre site…
    Voilà que la poste au coin de notre rue s’est fait « braquer »! Hommes cagoulés, 3 coups de feu … et une concentration de combis de police jamais vue dans notre rue!

    En ce qui concerne votre sondage, difficile de se prononcer. Vous êtes sûrement les mieux placés pour juger en étant sur le terrain. Et comme votre décision viendra du coeur, elle sera la bonne.
    Au plaisir de vous lire (et, qui dit, de vous entendre) bientôt.
    Bisous à tous,

  7. Eh Jean-se
    J aime ton terme de « traces positives »!!

    Auprès des personnes et villages que vs rencontrez … et j espère-je suis sûre- dans vos cœurs et vos souvenirs passes ensemble!
    Vous nous disiez que vous vous rendiez compte que le souvenir de nbreux détails de votre voyage vous échappaient déjà … Dit avec un peu de regret…
    Ces traces positives vous resteront … Et différentes chez vs 7… Du coup cela fait déjà bcp plus de chance de vous souvenir de ,si pas tt… Bcp!!!
    7 x 7 a vivre!!!
    Bisous et profitez de votre séjour chez ta cousine bene
    On vs embrasse

  8. Salut les voyageurs,
    Quel plaisir de vous lire à chaque fois !
    Aujourd’hui j’aimerai demander à vos enfants s’ils auraient le courage de continuer leur page sur les pays qu’ils visitent.
    La façon dont ils décrivent leurs impressions est très instructive et amusante à partager avec nos enfants.
    Désolé de leur donner un peu de travail pendant ces petites vacances …ils vont me haïr 🙂

    Pour info aujourd’hui c’est mardi gras, carnaval de Binche et comme il fait grand soleil et 11° les gilles sont de sortie avec leurs chapeaux à plumes d’autruche. On demande à voir comment vous étiez déguisés pour fêter la fin de l’hiver … au Kenya vous devriez trouver des autruches sans trop de problèmes.

    Au plaisir de lire vos nouvelles news très bientôt
    Quentin, Véronique, Nicolas, Dimitri & Maximilien

  9. Salut vous sept… et tous les autres,

    Cela fait un bail que je n’ai plus pris la plume… enfin, le clavier.

    Les dernières interventions de nos baroudeurs et les réactions qu’elles ont suscitées sont interpelantes. Pas facile de « trancher ». D’ailleurs, est-ce bien nécessaire? Personnellement, après tous les récits précédents peuplés de rencontres, de spontanéité, d’échanges, de sourires, de partage, d’émotion et de gratitude, les derniers paragraphes de ce post m’ont fichu le cafard. L’expérience a ses limites, fût-elle menée par des voyageurs profondément respectueux de l’autre et soucieux de bien faire.

    Je me rappelle avoir vécu un dilemme similaire en Cappadoce il y a bientôt 15 ans. Au hasard d’une promenade, nous nous sommes un peu écartés du chemin et un jeune étudiant turc « passant par là » nous a aidé à retrouver l’itinéraire, puis nous a accompagnés jusqu’à destination: en chemin, nous avons échangé nos expériences, nous lui avons raconté la Belgique, lui la Turquie, c’était vraiment très enrichissant. En arrivant au village, grosse déception: il réclamait un monstrueux bakchich. Nous refusions – nous ne lui avions pas demandé de nous accompagner jusqu’à destination et nous sentions un peu piégés – quand une personne de notre petit groupe, lassée par ces tergiversations incessantes au sujet du prix d’un taxi, d’un pain, d’une excursion,… a coupé court en tendant, pour clore l’histoire, un billet équivalent à un jour de salaire d’un ouvrier local. Stupéfaction! La première image qui m’est venue à l’esprit était celle d’une communauté agonisante car vidée de ses artisans et commerçants qui seraient tous postés le long des promenades du coin pour ramasser, en égarant et « retrouvant » les promeneurs naïfs, quatre fois ce qu’ils gagnaient en cuisant du pain ou élevant des moutons… Cela m’avait beaucoup choqué et je m’étais dit qu’une générosité excessive était synonyme de mort pour ces villages.

    Et voilà nos SeptàVivre confrontés à l’hostilité des enfants qui les considèrent comme des tiroirs-caisses. Mais comment en vouloir à ces populations qui n’ont rien ou si peu? Si nous voyions passer dans nos rues des gens qui gagnaient plusieurs centaines de fois notre salaire, comment réagirions-nous? Et encore, nous avons tout, même l’accessoire de sorte que notre jalousie serait totalement déplacée: les Ethiopiens, pour beaucoup, n’ont pas l’essentiel et voient passer des gens qui traversent leur village par choix et non par nécessité. Comment verrais-je un touriste me refusant un don qui ne représente presque rien pour lui mais qui me permettrait, par exemple, d’envoyer mes enfants à l’école ou de les faire vacciner? Franchement, je n’en sais rien… Ces gens peuvent-ils se permettre d’être fiers et de ne pas tendre la main? Peuvent-ils se permettre le luxe de la dignité?

    J’aurais néanmoins tendance à penser que l’aumône risque de rendre encore plus dépendantes de l’aide extérieure des populations déjà fragiles. Pour dire les choses simplement, si je donne des bics à tous les enfants, comment puis-je espérer que le marchand de bics local puisse vivre? Sans doute une aide plus « organisée », via des ONGs, tient-elle davantage compte des besoins réels et des équilibres à préserver?

    En me relisant, je m’aperçois que cette intervention est totalement décousue et qu’aucune idée ne ressort vraiment. Sans doute est-ce parce que je ne parviens pas à me faire une opinion.

    Je fais confiance aux Claes qui sont mieux placés que nous pour trancher au cas par cas. Je suis certain qu’ils se donnent beaucoup de mal pour ne laisser derrière eux que des traces positives.

    Bon vent les amis.

  10. Toujours très chouette de vous suivre…j’adore et les enfants demandent souvent : ils sont ou , on a des nouvelles? c’est vraiment super de voyager avec vous…

    Aujourd’hui pour nous c’est un grand jour, nous retournons à Nil…ce ne sont que quelques kilomètres mais qu’est-ce qu’ils vont faire du bien!!!

    biz à tous les
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