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L’arrivée a Zaventem

Bonjour a tous,

Comme certains nous ont posé la question… 

Les 7 à vivre ont décollé à 8:00 ce matin heure belge de Abu Dabi et sont attendus à 14:28 à Zaventem !

Vol EY55

Ils seront certainement contents de se retrouver en famille après, mais un petit comité d’accueil peut sans doute être une bonne surprise…

Les petits détails d’une traversée

Nous sommes au 17ième jour de traversée et Navionics (notre programme de navigation sur iPad) nous annonce moins de 24 heures avant notre arrivée aux Marquises et plus précisément à Atuona sur l’île d’Hiva-Oa. Pourquoi cette île et ce mouillage? Tout simplement, car c’est la première et que c’est là qu’il y un port d’entrée pour faire les formalités de douanes et d’immigration.

Cela fait maintenant 31 jours que nous avons quitté Panama, la ville et les magasins. Cela signifie 31 jours sans véritable ravitaillement excepté un peu de pain aux îles Perlas et aux Galápagos ainsi que quelques oeufs. (Le saviez-vous : pour conserver des oeufs, il suffit de les retourner régulièrement). Il nous fallait de la nourriture pour 40 jours environ (de quoi garder une petite marge) pour 7 personnes. Imaginez-vous faire des courses en Belgique uniquement une fois par mois. Tout ce qui est pâte, riz, semoule, conserves, sauce tomate, biscuits, chips, bonbons, aromates et condiments, confiture, papier toilette, lait, jus,… facile…mais pour le frais, la charcuterie, le fromage, le beurre, les yaourts, la viande, les fruits et les légumes, cela devient plus compliqué à gérer. Pour le pain, grâce à Xavier, Béné a réussi à faire du pain à la main. Heureusement, nous avons un frigo et un congélateur.

Mais pour cela, il faut de l’énergie tout comme pour recharger nos appareils, photos, mac, ipad,… Et là aussi nous sommes en autonomie complète depuis 31 jours. Nous avons bien des panneaux solaires pour nous aider (ceux ci sont suffisant pour autant que le soleil brille et que nous restions principalement au mouillage), sachant que les gros consommateurs sont le « froid » (frigo et congélateur) et surtout ce qui vient en plus lors de la grande traversée, c’est le pilote automatique qui fonctionne 24h/24 (c’est vrai, à 7, on aurait pu faire des tournantes, …) et les panneaux et bien ils ne chargent pas la nuit, ni l’après midi dès 14h car les voiles se trouvent alors entre le soleil et les panneaux (vu que nous naviguons vers l’ouest).

Heureusement, pour charger les batteries, on peut aussi allumer les moteurs. Mais là aussi, les moteurs consomment. Et en mer, il n’y a pas beaucoup de camions citernes. Pour parer à cela, nous avions bien entendu rempli les réservoirs (hé oui, fallait y penser), mais surtout emporté 15 jerrycans supplémentaires. D’après nos calculs et estimations, nous pouvions allumer les moteurs 5 h par jour ( pour fournir de l’énergie, traverser le pot-au-noir et autres zones sans vent).

Et puis il y a l’eau, pour la cuisine, la vaisselle, la lessive, se laver et boire. Nous avions rempli nos 2 réservoirs (total 800l d’eau potable) soit 3l par personne et par jour, moins qu’une chasse d’eau à la maison … Mais heureusement, aux San Blas, nous avons eu l’opportunité d’acquérir un dessalinisateur (Un super appareil qui transforme l’eau de mer en eau potable) que Laurent s’est empressé d’installer et de brancher ( ce truc là, ça consomme aussi …). Ouf, cela signifiait plus de stress du à la gestion de l’eau. Point de vue lessive, c’est vrai, on ne se salit pas de trop mais cela fait néanmoins du bien de laver de temps en temps les draps et les essuies qui restent moites à cause du sel. Les petites mains de Béné se sont à nouveau plongées dans les bassines tout comme en Afrique.

Ensuite, il faut éviter l’accident, les petites maladies et les gros bobos car ici les pharmacies et les médecins de garde ne sont pas bien répertoriés (en 17 jours de traversée, nous n’avons aperçu que 4 bateaux au loin). Les plus courants étant de se prendre pour un poisson et de s’enfoncer un hameçon dans le doigt ou dans le pied, d’attraper un coup de soleil voire même une insolation, de tomber dans un hublot ouvert, de se bruler en égouttant les pâtes ou de se couper en nettoyant un poisson, …

Ensuite, il y a les conditions climatiques, bon on ne sait pas les changer mais on peut télécharger les fichiers GRIB (météo) pour au moins anticiper les vents, les grains, les courants, les vagues, …et fuir le cas échéant … heureusement pour cela nous avons le téléphone satellite (qui nous permet de recevoir ces infos ainsi que vos nouvelles par mail (juste du texte) ou encore par SMS) et aussi Denys (l’Amiral de Grand-Leez), notre ange gardien en quelque sorte qui nous aura suivi de terre afin de nous router au cas où le gros mauvais temps décidait de se mettre au travers de notre route. A part vos messages, nous n’avons aucune info de l’actualité en Belgique ou dans le monde (ça en fait, c’est peut très bien pour le moral).

Il faut aussi organiser les quarts et essayer de garder une bonne ambiance, éviter de vouloir en jeter un par dessus….

Tout comme les déchets et ordures produites durant tout ce temps, car là aussi, le camion ne passe pas chaque semaine….et avec la chaleur…et malgré le fait qu’on aie pas concrétisé le fait d’avoir une poule à bord, nous avons les poissons comme vides assiettes…

A ne pas oublier également, embarquer un bon mécanicien pour toutes les petites pannes imprévues.

Et puis il y a le décalage horaire, car en naviguant vers l’ouest, on en passe des méridiens et et avec eux nous gagnons des heures. Depuis Panama, nous avons ajusté cinq fois nos montres … Si au moins il y avait une Gavox qui faisait cela automatiquement … Nous avons maintenant 11h30 de décalage avec la Belgique.

La récompense, chaque jour un lever et un coucher de soleil différents et la nuit des dizaines de milliers d’étoiles qui scintillent juste pour nous….

Bon anniversaire !

C’est l’anniversaire de Béné aujourd’hui … Elle adore les messages sur l’iridium (881632527533 – envoi de SMS gratuitement via le site iridium …) Profitez-en …
Elle ses lève à 5 heures du matin chez nous, soit 16 h ce 28 avril en Europe …

Laurent

P.S. Bon annif aussi à Isabelle … Et bientôt à Philippe, Fleur et Xavier … Et Murielle, c’était hier, mais encore aujourd’hui pour nous …

Les jeux sont faits, rien ne va plus…

Voici les dernières estimations reçues par SMS …

Geneviève : 1 mai 22:08 9″
Paricaraibes : 3 mai 10:00
Jean-Sebastien : 30 avril 4:00
Bon-papa : 30 avril 13:25 30″
Mamy : 4 mai 1:00 ( pour éviter de payer les taxes du WE)
Talitha Koum : 1 mai 4:00

De notre côté, on a aucune idée de l’heure d’arrivée, ni même de la date.  Ce matin, le vent était tombé et nous n’avancions plus.  Quelle déception pour l’équipage !  Heureusement, la tendance tend à revenir à la normale …

Quelques réflexions des enfants sur la traversée :
Guilhem trouve que la traversée n’était finalement pas méga longue.
Isaline dit que les vagues ne sont pas très grosses et que l’on a l’impression de naviguer que de nuit quand elle fait des quarts.
Aymeric trouve qu’on a vu des belles choses (glopicéphales)
Hubert : je râle car je ne peux plus prendre un écran dans ma cabine
Augustin : plus court que ce que j’imaginais.

On a une mauvaise nouvelle. Nous ne pourrons pas offrir le troisième lot au gagnant, la place VIP à notre présentation. En effet, notre disque dur contenant toutes nos photos et films a fait une chute de 2 m. Bon heureusement, il s’est arrêté sur le sol de notre bateau car sinon il aurait continué sa descente à plus de 4 000 m de fond. On peut donc déjà s’estimer heureux. Mais, il a néanmoins reçu un bon coup sur la tête et ne retrouve pas tous ses esprits. Après 2 jours de soins intensifs, les pertes semblent moins graves qu’on ne le pensait au début. Après analyse, nous avons perdu des photos de la Jamaïque et toutes les photos de Panama. Dommage. 🙁

On a déjà eu des échos de l’inoubliable fête d’unité, avec soleil au début jusqu’à l’apéro. Un cri d’unité qui résonne jusqu’ici et une super ambiance avec cochon rôti et sauce andalouse.  Bravo à tous, enfants, parents, chefs et chefs d’U.  Scout un jour … Vous nous manquez !

Des nouvelles du Pacifique

Voici des nouvelles toutes fraîches à partager au petit déjeuner en famille, à la pause croissant et café à la province ou chez IBM, en rentrant de l’école de Nil ou du collège du Christ Roi…

Par sympathie, nous vous envoyons quelques indices pour notre grand concours. N’hésitez surtout pas à y participer, c’est gratuit.

On s’était fixé d’effectuer la traversée Galápagos – Marquises en moins de 28 jours. Nous sommes aujourd’hui à 9 jours et avons déjà effectué la moitié de la distance soit exactement 1 493 MN. L’objectif semble donc réaliste, mais qui en aurait douté 🙂
Nous sommes réellement au milieu de nulle part à 1 490 MN des Galápagos et 1 490 MN des Marquises. Nous nous trouvons également à 2 200 km de la terre la plus proche, à savoir l’île de Pâques. Laurent a émis l’hypothèse, il y a quelques jours, d’y passer en espérant y voir les cloches et surtout y recevoir de bons oeufs en chocolat. Le connaissant trop bien, nous n’avons pas fait « chiche » avec lui et avons poursuivi notre route initiale. Heureusement d’ailleurs car depuis 5-6 jours, les vents nous sont favorables et nous avançons à des moyennes journalières d’environ 180 MN/jour, moyennes jamais atteintes depuis notre départ de Trinidad.

Le moral est donc toujours très bon malgré l’envie d’un bon morceau de chocolat belge. Hubert nous a tous réconfortés, en sortant de son coffre secret un pot de « Kwata » pour le petit dej. Rassurez-vous, pour les plus salés d’entre nous, à savoir Augustin, il reste encore un peu de sauce andalouse qu’il déguste en rêvant de la Belgique.

Question intendance, un 5 étoiles sous des milliers d’étoiles ( voir « Un plan parfait » avec Dany Boon ) même si les produits frais commencent à se faire rares. Béné nous épate tous les jours !

Nos petits sifflements du moteur tribord nous sont revenus, c’est encore le capteur de pression d’huile qui hurle. Notre anémomètre fait des siennes de temps en temps mais heureusement la direction du vent est assez constante pour le moment. Nous restons donc vigilants aux petites pannes. Hier, Laurent a tout juste resserré la manille du génois qui était prête à se faire la malle.

A part ça, tout va très bien, excepté la pêche. Soit les poissons sont de moins en moins bêtes et de plus en plus gros, soit nous avançons trop vite, mais, nous ne pêchons plus rien. Au contraire, nous perdons tous nos leurres. Hier, Laurent et Hubert ont été surpris par un étrange bruit dans le cockpit. Tout le fil de pêche excepté l’hameçon est revenu sur le bateau comme un boomerang. On n’ose pas imaginer la taille du poisson qui nous suivait.

Cette nuit, Laurent fut pris d’insomnies. Il ne savait plus l’heure qu’il était, ici, en Polynésie, à Panama, en Belgique. Tout était brouillé. Même avec l’aide de la Belgique, la solution n’apparaissait pas. C’est seulement au petit matin, vers 4h pour nous, qu’il a changé toutes les horloges du bateau. Encore une heure de plus de décalage avec vous. Hé oui, l’heure UTC, c’est pas si simple surtout au milieu de l’océan, sans internet pour synchroniser automatiquement ou un voisin pour lui demander « quelle heure est il? ». Vous nous avez envoyé des villes pour UTC -8 et UTC -9, mais elles ne correspondaient pas à nos calculs, ni à ce que nos appareils indiquaient … Il fallait en plus de tout cela tenir compte de l’heure d’été qui est appliquée à certains endroits sur un même fuseau horaire, mais pas partout… La Polynésie n’applique pas l’heure d’été, contrairement à une grande partie des États Unis … Et en plus on me parlait d’heure d’été alors qu’ici nous sommes dans l’hémisphre Sud et que l’on va vers l’hiver …

Résultat des courses, LA est dans le fuseau horaire UTC -8 et applique l’heure d’été et donc l’heure locale est UTC -7 alors que les Marquises sont en hiver et sont en UTC -9.5 et appliquent bien cette heure !

La dessus, on vous laisse vaquer à vos occupations. Pour nous le programme est simple : tout droit sur les Marquises !

On vous embrasse !