Archives par mot-clé : Ethiopie

5 semaines en Ethiopie

Nous arrivons à la fin de notre séjour en Ethiopie. Après la vallée de l’Omo et notre rencontre avec ses peuplades, nous empruntons les pistes pour passer, de manière clandestine, la frontière avec le Kenya. Il nous reste environ 130 km.  Nous sommes comme hors du temps, hors de toute civilisation excepté quelques villages perdus dans des étendues incroyables.

De temps en temps, nous croisons un groupe de femmes et enfants puisant de l’eau. Elles creusent un trou de 80 cm de profondeur  dans le lit d’une rivière en saison des pluies. Très vite, il y a de l’eau qu’elles  prennent  à l’aide d’un petit pot en plastique et qu’elles versent dans de gros bidons. Ces gros bidons jaunes utilisés dans tout le pays et transportés sur la tête, sur le dos, sur le dos des ânes, sur des charrettes. Une fois remplis, elles repartent les bidons sur la tête vers quelques huttes rassemblées un peu plus loin sur la piste. Quand nous nous arrêtons, ce sont des hommes qui viennent à notre rencontre, toujours avec leur fusil, leur repose tête en bois, un bâton et de temps en temps une bouteille en plastique (souvent vide).  Ils nous observent et restent souvent de longs moments. Nous arrivons devant une barrière, un poste de police, derniers éthiopiens avant le Kenya. Soudain, Laurent s’arrête. Pourtant, la piste n’est pas difficile, il n’y a pas d’obstacle, nous ne sommes pas en panne et les autres suivent. Rien dans les paysages ne change et cependant le GPS nous indique la frontière avec le Kenya. Nous sommes tous ravis, nous y sommes. Mais la route sera encore longue avant de revoir le macadam, une station d’essence, une banque, …

Nous voici donc à la fin d’un merveilleux périple à travers toute l’Ethiopie. 5 semaines intenses, avec des paysages magnifiques, une nature éblouissante.

Des montagnes, des sommets à plus de 4000 m, des plaines, un volcan, une mer de sel, les lacs d’acide, des lacs et des rivières, des plantations de bananes, de coton, …, des animaux peu connus de nos contrées, des ibex, des babouins, des oiseaux aux multiples couleurs, des dik dik, des tortues énormes, des lézards, …et un peuple.

Un peuple qui marche.

Sur toutes les routes, des gens à pied, des femmes et des enfants pliés en deux sous le poids de leurs fagots de bois, de bidons jaunes remplis d’eau, de grands sacs de grains ou de riz.

Un peuple très pauvre. Certainement habitué aux aides humanitaires. Ils considèrent les étrangers comme des portefeuilles ambulants. Dès que nous nous arrêtons, même dans les endroits reculés, nous sommes entourés d’une dizaine de personnes si pas plus et tous à crier les même mots « give me, give me pen, give me money, give me … ». Même sur le bord de la route, les enfants nous font signe en criant « give me ». Malheureusement, bien souvent, ils nous jettent des pierres car nous ne répondons pas à leur demande. Malheureusement, nos enfants se sentent souvent menacés voire attaqués. Au cours de ces 5 semaines, nous n’avons passé que 2 soirées sans observateurs ou scouts, mais à notre réveil, tous les jours nous étions entourés. Certains passant la nuit dehors devant les véhicules avec juste une couverture, qu’ils portent toujours sur eux, pour se protéger du froid de la nuit (en effet, nous sommes souvent à plus de 2000 m d’altitude et les nuits sont fraîches).

Ces 5 semaines, ce sont aussi et surtout  5 semaines de partage avec Franzi et Gerry.

Un tout grand merci à eux deux.

 

PS : Un très joyeux anniversaire à Guibert et Chacha.

Et de très bonnes vacances de carnaval à vous tous

En route vers le Kenya : la vallée de L’Omo

Nos amis suisses nous proposent de les suivre et de faire route ensemble via la vallée de l’Omo et ses peuplades encore « authentiques » et rejoindre le Kenya par la rive est du lac Turkana. Nous sommes tentés et faisons route ensemble à partir de Jinka, dernière ville au sud-ouest de l’Ethiopie encore reliée au macadam (avec des hôtels, des magasins mais déjà plus d’ATM, ni de carburant). Dernier macadam avant Merille au Kenya. Nous partons donc à la rencontre des Mursis et des Hamer (d’autres tribus vivent encore dans cette région tels les Ari, Banna, Bumi, Karo et Surma). Les Mursis sont célèbres par leurs combats très acharnés entre hommes et les femmes à plateau. Ces femmes portent (de manière occasionnelle, on vous rassure) des plateaux d’argile allant jusqu’à 15cm de diamètre placés dans leur lèvre inférieure (très pratique pour déposer le verre de bière du mari, …) et montrant leur statut social. Les Hamer quant à eux sont spécialisés dans la décoration de leur corps (pour avoir tué un ennemi, s’être marié, ainsi que le nombre de femmes qu’un homme possède, …). Ces différentes tribus vivent maintenant en partie du tourisme et monnayent l’entrée au village et leurs photos. Ils ont bien compris comment gérer leur image.

Des questions existentielles se posent à nous. Faut-il aller les voir et les prendre en photo comme on irait au zoo ou plutôt passer notre chemin? Ces personnes vivent dans des coins reculés et très hostiles à toute présence humaine. En y allant, nous  leur apportons un certain revenu et nous entretenons leurs coutumes. Est-ce bien ou non? Nous ne savons pas. Nous lançons le débat et attendons vos avis et commentaires.

Les échanges sont tout à fait biaisés, de nous,  ils n’attendent que de l’argent et non une rencontre. Nous avons néanmoins réussi à jouer avec leurs enfants, à leur offrir des photos de groupe et Franzi a pu les filmer avec sa caméra alors qu’ils pensaient se regarder dans un miroir. Ils ont bien apprécié ce jeu et ont fini par se filmer les uns les autres. Nous leur avons également rempli leurs gourdes, bidons ou bouteilles d’eau grâce à notre super citerne (Merci Distritank :-)).

Nous pensons que notre approche a certainement dû les étonner.

Courrier des lecteurs :

  • Nous avons déjà parcouru 22 000 km depuis la maison (en 5 mois).
  • Pour le carburant, nous avons une petite réserve qui peut contenir jusqu’à 1200 l et nous consommons en moyenne 23 l/100 km.
  • Hubert confirme à Nicolas que le voyage est vraiment très chouette
  • En ce qui concerne l’école, durant les longues heures de piste, seuls les exercices oraux sont possibles et encore …
  • Pour les crêpes, nous avions pris une poêle à crêpes. Nous trouvons tous les ingrédients sur place excepté le lait remplacé par du lait en poudre.
  • Les articles des enfants sur les pays traversés sont en cours de préparation, merci de leur mettre un peu la pression.
  • Pourquoi remontons-nous vers le nord ?  Pour faire un petit tour en Somalie 😉
  • Les ruelles de Lamu sont effectivement très étroites mais on vous racontera plus tard notre expédition sur cette île.
  • Ne nous parlez pas trop de chocolats, nous n’en trouvons guère par ici.

Suite au prochain épisode avec peut être un spécial nourriture par Béné

P.S.  Un très heureux anniversaire à Périnne, Tom et Christophe.

La journée type sur les pistes

Après 4000 km de pistes (vous connaissez Laurent , il est un peu Marseillais), nous avons une certaine expérience des pistes entre Éthiopie et le Kenya.

Eh oui, pour éviter les 400 premiers km immondes du nord Kenya (Chamaco vous en parle mieux que nous, car eux, ils les ont vécus), nous avons opté pour un passage de frontière clandestin (ci joint la plaque identifiant le dernier poste de police avant la frontière matérialisée par une ligne sur notre GPS :Border Ethiopia/ Kenya) au nord du lac Turkana en parcourant des km et des km de pistes.

Voici  en détail une de nos journées … un peu de vécu !

Réveil par les enfants vers 6h30 du matin, bien souvent nous nous retrouvons à 5 dans notre super grand lit de même pas 1,40m pour les câlins du matin. Nous aimons un peu trainer au lit mais nous avons une bonne excuse, nous attendons que l’eau chauffe pour la douche.

Petite douche pour mettre les idées au clair et bien démarrer la journée car on sait qu’elle sera difficile.

Petit déjeuner  en pleine nature, on a encore du Nutella (la fin des 24 pots achetés dans le Sinaï) pour étaler sur le pain (quand on ne se le fait pas voler par des babouins, qui sont vraiment très rapides !) ou encore des cornflakes.

Après un peu de rangement et avoir rempli une dizaine de bouteilles d’eau, nous nous mettons en route avec quelques appréhensions. Comment sera la piste aujourd’hui ? En effet, il y a les pistes au milieu des buissons, trop étroites pour le camion, impossible de laisser les fenêtres ouvertes car nous sommes fouettés par les branches souvent munies de longs picots. Ensuite, il y a les pistes  bordées d’arbres dont les branches tombent trop bas pour la hauteur du camion. Les pistes ne sont fréquentées que par des 4×4 plus bas et très jamais par des camions. Il y a les pistes très poussiéreuses au cours desquelles il vaut mieux être le premier car le nuage derrière le véhicule est plus dense qu’un épais brouillard en Belgique, parfois on a un peu de chance avec la direction du vent. Cette poussière s’infiltre partout et se dépose en  couche sur les lits des enfants.Il y a de temps en temps, des passages à gué, toujours amusant pour les photos. (L’aventure, la vraie comme dit Laurent 🙂 ). Il y a les pistes dans la pierraille et les blocs de lave, très usante pour les pneus et très remuantes car très peu planes. Il y a aussi les pistes trop humides dans lesquelles on s’enlise, mais ça vous avez déjà vu.  Enfin, il y a les pistes en terre bien damées  (ça c’est chouette) mais d’autres ont le dessin d’une tôle ondulée avec de légères bosses très très régulières. Ce sont les pires.

Notre moyenne sur ces pistes dépasse à peine la  vitesse de Dimitri lors des 20 km de Bruxelles. Nous tournons entre 16 et 17 km/h (sur certains tronçons, on frôle le 4km/h). Nous roulons toute la journée sous un grand soleil. Le thermomètre indique très régulièrement une température supérieure à 40°. Nous buvons énormément. Le matin, l’eau est tiède mais en fin de journée, nous avons de l’eau chaude dans nos bouteilles (nous n’avons plus de frigo). Vers 18h, après avoir roulé toute la journée, nous laissons les équipages suisses nous dénicher l’endroit idéal pour le bivouac. Ils ont vraiment l’œil pour cela et nous trouvent chaque soir des endroits parfaits et toujours bien plats. A ce moment-là, on tire à la courte paille pour connaître celui qui va rentrer en premier dans la cellule (partie habitation de notre camion) et faire le rapport de tout ce qui a lâché ou cassé. En fonction de l’ampleur des dégâts, soit on sort les outils et Laurent s’y colle, soit on commence par tout sortir du camion, monter la tente pour les enfants et bien analyser la situation afin de définir les priorités. Il ne faut pas oublier de secouer tous les draps couverts de poussière et donner un bon coup de balai dans le camion. Pendant ce temps là les enfants ramassent du bois et allument un feu pour faire chauffer une bouilloire d’eau pour du thé. Ensuite, ils aménagent une douche extérieure. Les réparations prennent plus ou moins longtemps, parfois elles dureront jusqu’aux petites heures de la nuit. Ensuite, nous nous effondrons sur notre lit sous un beau ciel étoilé. Pour les suisses, c’est un peu différent, ils passent de longs moments à nous attendre patiemment. Ils s’arrêtent sur la piste pour nous prendre en photo ou nous filmer à chaque tronçon délicat. A d’autres moments, c’est la hache qu’ils tiennent en main pour élaguer les arbres trop bas pour nous, à d’autres, ce sont les plaques de désensablement qu’ils décrochent et les pelles car nous sommes bloqués.  Voilà, en espérant vous avoir dévoilé une partie de notre quotidien …

 

 

Merci à Chacha (et pas Bounty, ni Twix! ) pour son beau dessin que nous vous offrons à tous !

On va peut être bientôt lancer un concours de dessins pour les enfants …

P.S.  Un très heureux anniversaire à Pierre et Arthur.

Ethiopie, un long fleuve tranquille

Après notre aventure au volcan, comme tout le monde s’en doute, on s’est reposé. Reposé, vous êtes fous, on a passé quelques journées à nettoyer tout le camion, intérieur, extérieur («3 petites heures de car wash), inverser les pneus lacérés par les blocs de lave bien coupants (Hubert vous montrera ses cicatrices à notre retour), graisser, changer les filtres, remplir la citerne d’eau, … et terminer par un bien agréable souper traditionnel suivi de la cérémonie du café (très importante en Éthiopie) chez Abel  (que nous remercions encore, ainsi que son épouse pour l’accueil chaleureux), vous vous rappelez, celui qui nous avait trouvé un guide pour nous emmener dans cet endroit hors du temps et hors du monde …

Ceci étant fait, nous quittons Mekele, toujours en compagnie des petits suisses, Franzi et Gerry, en route vers Lalibela (en nous disant tout bas que cette fois, on ne voulait plus faire de piste). Soudain, nous passons sur un pont au-dessus d’une rivière (chose assez rare en ce moment, elles sont toutes à sec). Quelques enfants se baignent en contre bas. Laurent s’avance sur le pont, observe, convainc Franzi et Gerry de perdre 2 ou 3 heures  et c’est parti, nous installons un Death Ride. Les petits éthiopiens regardent les petits « Sept à Vivre » descendre, ils sont assez timides. Enfin, un plus grand se décide, il recommencera plusieurs fois et voilà que les autres essayent. Nous bivouaquerons au bord de la rivière après une super après-midi. Petit exercice de conduite 4×4 pour traverser la rivière et remonter sur la route.  Notre route reprend passant de col en col à travers des paysages magnifiques en nous arrêtons de temps en temps dans les villages pour boire un thé, trouver du pain, … être entourés d’enfants.

C’est avec une grande joie que nous découvrons le site de Lalibela. Durant une journée nous nous promenons parmi les pèlerins à la découverte des différentes églises bien particulière car toutes creusées d’un seul bloc et dont le toit plat ne dépasse pas du sol.

Nous faisons ensuite route vers Addis Abeba pour récupérer un GPS envoyé d’Espagne. Nous quittons avec beaucoup d’émotions Franzi et Gerry après 3 semaines de voyage, d’aventures et de partage. Ils partent vers Djibouti. On les remercie pour leur patience, leur complicité avec les enfants. Ils nous ont attendus, tirés des mauvais pas, préparés de bons repas, … notre vie de famille sera très différente sans eux … et la leur certainement plus calme sans nous …

En route pour Addis, nous passons par le lac Tana (proche de Gondar, la première ville visitée en Ethiopie) et faisons un petit détour pour voir les chutes du Nil Bleu : les sources du Nil !

Après notre passage à Addis, nous rejoignons le lac Langano et sa « Sabana Lodge » où nous vous avons attendu 2 jours pour la chandeleur.  Seuls Franzi et Gerry, refoulés à la frontière de Djibouti, faute de visa auront fait le déplacement ! A Sabana, nous admirerons les oiseaux, nous nous baignerons (y a pas de Crocos dans ce lac) et ferons un peu de kayac et même quelques passes de volley.  Nous profiterons également de la restauration haut de gamme, contrairement à ce que Jean-Sé avait annoncé.

La suite, pistes en direction de la vallée de l’Omo avec une halte à Jinka, dernier village

avec du macadam, mais sans ATM, ni station service avant un petit moment …

P.S.  Furaha ya kuzaliwa kwa Maud, Stéphanie na Gaëtan.

Dépression de Danakil, Dalol, suite …

Notre dernier article nous a arrêté au sommet de l’Erta Ale, un volcan en activité depuis pas moins de 120 ans … il n’y en aurait pas d’autre en activité depuis aussi longtemps  …  la dernière éruption datant d’environ 3 mois …

Pour répondre à vos questions, nous ne savons pas non plus d’où sont arrivés les dix convives supplémentaires … mais ils étaient bien à table !

Les « Scouts », gardes armés que nous côtoyons depuis le début de Éthiopie, ont cette fois voulu nous impressionner et ont tiré effectivement sur les parois du cratère à un endroit où la lave sortait des parois (cela ressemblait à des yeux rouges qui nous regardaient). En tirant dessus, ces « yeux » s’éteignaient (un peu comme dans l’attraction « Tout en Camion » à Walibi).  Ils ont en même temps pu répondre à la question que les enfants se posaient depuis longtemps : ont-ils des munitions ? Hé bien oui !   En observant bien une des dernières photos de l’article précédent, on peut même voir les étincelles jaillissant de l’arme.

Si on n’est pas toujours assez rapide pour publier, vous pouvez toujours  lire les articles de nos compagnons de route (Corinne et Adrian qui ont déjà publié ou encore Fränzi et Gerry qui sont sur le point de publier) ou encore attendre la revue de presse d’Alain et Françoise … (ndlr, au moment de publier, on se rend compte que vous nous avez devancés …)

Pour notre GPS, qui nous avait lâché le 24 décembre, à 100 mètres du lieu de RDV pour fêter la Noël, nous avons enfin réussi à nous en procurer un nouveau … livré non sans difficultés ce mardi 1 février grâce au support de notre ambassade à Addis Abeba (le GPS  nous attendait bloqué à la douane de l’aéroport depuis le 6 janvier).

Nous avons été accueillis par l’ambassade comme à la maison.  Tout le personnel étant excessivement agréable et serviable !  Un tout grand merci à Mireille, Jirga, Wouter, Victoria et Moulou qui ont été bien sympas avec nous…

Pour revenir à notre récit, nous avons redescendu le volcan une fois le jour levé, trois petites heures de descente. Pas le temps de trainer, nous remontons dans le camion car nous devons refaire la piste dans l’autre sens et notamment les 10 heures pendant lesquelles nous nous étions enlisés deux fois.

Bon, on s’est dit que si nous avions pu faire la route dans un sens, on devrait pouvoir la refaire dans l’autre sens, mais c’était sans compter sur notre guide local (J’ai expliqué aux enfants que ce sage (Le guide , le « Vieux » sur les photos, c’est selon), embarqué au premier village,  était probablement leur meilleur GPS, mais que de temps à autre, il perdait ses satellites et se retrouvait un peu perdu).  Notre guide a pu nous mener à bien jusqu’à l’endroit où nous avons déposé le GPS complémentaire (guide), pris à la rivière.  Ensuite, il a voulu prendre un raccourci, mais là, le sol était de nouveau trop mou et les gouttes commençaient à nouveau à perler sur le front de Laurent.  On s’est enlisé une première fois, ensuite une seconde. A ce moment, on a dit au GPS-guide que nous en avions un autre (dans la voiture de Fränzi et Gerry), un vrai avec notre trace de la veille et que l’on proposait de la reprendre.   Adrian qui nous a toujours donné de très bons conseils (et pas que cela d’ailleurs) pour sortir de la m… (mud) commençait à être un tout petit peu irascible. On décide alors de lui donner une dernière chance avant de suivre notre propre GPS.  Il a dit OK et est passé à pied devant le camion pour montrer le passage.  Ça s’annonçait bien, Laurent le suivant très lentement jusqu’au moment ou paf, tout d’un coup, c’est l’embardée, le train avant plonge dans la boue.  Stop, demi tour, on attache le camion aux 4×4 (mais pour cela, on est maintenant rodés), on change l’ordre des véhicules, le GPS passe devant et nos guides qui se trouvent toujours dans le camion clôturent la marche, derrière les 2 4×4 des « petits suisses »,  vu que vous les appelez comme ça.  La route se passe mieux, nous sommes comme sur des rails. La zone à risque étant derrière nous, nous redonnons les commandes à notre GPS local un peu offensé (le guide n’avait visiblement pas l’habitude de faire cette route avec un 12 T et ne supportait pas être remplacé par une machine). En route, nous rencontrons une autruche, un loup éthiopien (le second, nous avons énormément de chance car il en reste environ 600 au monde), un brasseur que nous embarquons en échange d’une gorgée de bière locale ( La cuvée des Beaufs, vous connaissez ?) et 2 autres 4×4 plantés dans le sable. Au village, l’un des deux conducteurs nous demandera de l’aide pour le sortir de là (ça fait une semaine qu’il serait planté dans le sable et que personne n’arrive à l’en sortir). Après concertation des trois véhicules, nous décidons de ne pas lui apporter notre aide (Laurent n’en dormira pas) car la suite du programme est encore bien chargée (et on est déjà debout depuis 1h du matin).  Aller l’aider impliquait la mobilisation de nos trois véhicules et de leurs occupants pendant une demi -journée (que nous n’avions pas …). A 8h00, le lendemain, nous partons pour les lacs d’acide de Dalol. Nous traversons des étendues de sel et à nouveau le stress nous envahit. Le sol est de plus en plus humide. Le camion perd de la vitesse, Laurent rétrograde de plus en plus pour se retrouver en 2éme. Si le camion s’enlise ici, on aura énormément de difficultés à le sortir de cette zone humide de quelques kilomètres. Dans le camion, tout le monde se tait et fixe ce sol blanc/brun. Enfin, le sol durcit, c’est bon, on est passé. Devant nous, les couleurs apparaissent sur le blanc du sel. Ce sont les magnifiques couleurs des lacs d’acides avec des dégradés de blanc, vert, jaune, ocre et  rouge. C’est un spectacle magnifique. Jamais, nous n’avons vu de pareilles couleurs.  On se croirait dans un autre monde. Par ici, des concrétions telles des stalactites toutes blanches, par là, des étendues d’eau bleues ou vertes au milieu du jaune. Nous marchons au milieu de toutes ces couleurs qui s’accrochent à nos semelles. C’est incroyable. Après, nous nous retrouvons au milieu d’un château aux mille tours. En publiant, Hubert nous dit : « ce qu’on a vu, c’est beaucoup plus beau que cela ! »

Ensuite, notre admiration va pour les caravanes de sel et l’énorme travail des hommes en plein soleil (Il fait en général autour des 50°C) pour détacher des plaques de sel qu’ils taillent à mesure et ficellent alors sur le dos des ânes ou des dromadaires. Ensuite, ils marcheront durant 7 jours et parcourront plus de 200 km pour rejoindre la ville de Mekele. Toute cette énergie pour quelques croutes de sel !

La route du retour semble plus facile, il ne reste plus que 200 km de piste pas trop difficile.  Nous repassons par le village pour déposer notre scout et notre vieux guide, on se dit que l’on arrive (enfin) vers la fin de cette aventure.  Au village, on nous demande juste un lift pour une personne jusqu’à Mekele (soit 150km), on prendra finalement 4 personnes, dont une jeune fille qui passera une bonne partie du trajet à côté de Laurent, assise sur le levier de blocage de différentiel … du sport pour bloquer et débloquer ce différentiel en toute urgence 🙂 .

La route commence à monter, elle est boueuse car il a plu sur la piste pendant que nous étions à l’Erta Ale et à Dalol.  On s’inquiète un peu, mais tout se passe bien, le 4×4 était cette fois bien nécessaire.  Il commence à faire nuit, mais pas de soucis.  Soudain, on voit un camion local bloqué, il ne sait plus monter.  Puis un second, puis un troisième.  En fait la route est bloquée.

On essaye de trouver une solution pour les aider, mais rien ne semble possible.  On pousse un camion (avec le nôtre, mais en poussant, il touche un autre, les chauffeurs se fâchent, un peu de tôle froissée, et tout se bloque, le camion touché ne veut plus que l’on touche à quoi que ce soit).  Ils vont alors manger et la suite s’annonce pour le lendemain.  Zut alors, nous qui voulions retrouver la civilisation le soir même ( Nous avons toujours ces 4 occupants qui s’apprêtent à dormir dans la cabine, nos vivres diminuent car nous avions du nourrir un peu de monde en route, la boue est omniprésente … un petit spectacle d’apocalypse … ).  Pour débloquer la situation, Laurent va boire un thé avec les chauffeurs (et va faire un peu caucause).  L’un d’eux nous dit : je vais vous aider, vous dormirez à Mekele ce soir.  La condition : Laurent  devait l’aider à sortir son camion une fois que nous serions passés devant eux.  Ce que nous acceptons.  En fait, nous étions tombés dans un guet-appends.  Ils avaient volontairement bloqué la route pour que les personnes derrière soient obligées d’être solidaires.  Ils nous aident à passer donc on doit les aider à s’en sortir.  Une fois cela compris, on sera sur nos gardes, tout en restant très aimables et un jeu de « je te bloque, tu me bloques, je te débloque, tu me débloques » s’engage, une vraie partie d’échecs que nous avons finalement gagnée à 1h du matin.  On a pu passer et ils couraient derrière nous, tout comme notre dernier guide qui avait déjà mal aux pieds.  Il a cru un moment que nous l’abandonnions sur place. Il n’aura jamais couru aussi vite dans sa vie.  On le récupère et rentrons à Mekele vers 3 heures du matin.  Tout est bien qui finit bien, mais que d’émotions !

De très heureux anniversaires à Béatrice (avec un peu de retard), Donatienne, Eric et Nicolas (un peu en avance)!