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Le Zambèze, un long fleuve tranquille …

Après la piste de Petauké, nous avons repris le tarmac en direction de Lusaka et la frontière avec le Zimbabwe pour tenter d’y faire un petit tour en canöe. Trois jours de ballade sur le Zambèze qui s’annonçaient magnifiques … mais pas de bol, il faut seize ans au minimum (car à cet âge là, on est enfin sensé pouvoir pagayer assez vite pour éviter les crocos et hippos) et débourser 150 $ par jour, par personne !  Deux fois rien pour ramer sur une rivière.  On vous conseille les kayacs Anciaux à Han sur Lesse, beaucoup moins chers !

En guise de consolation, nous avons choisi un tour en bateau à moteur .  Là, on trouve une hollandaise, chef en chef d’un camping haut de gamme, selon ses dires (c’est vrai que son camping était très joli), qui nous propose une ballade de 7h à 12h30 en bateau à 50$ + 50$ de carburant, non négociable car elle calcule ses coûts au plus juste (entretien du bateau, … quand on sait que le salaire mensuel est de l’ordre de 50$ …).  La ballade est prévue pour le lendemain matin.  On demande si on peut rester sur le parking pour y passer la nuit.  Oui, pas de problème, cela fera 10$ par adulte, 5$ par enfant.  Cool, on a finalement dormi dans le bush.  Le lendemain, nous sommes pil poil à l’heure (pourtant rare pour nous), mais pas de pilote pour le bateau.  On partira finalement vers 7h45 pour revenir à 10h dont une demi heure de panne de moteur (et les hippos qui rodent autour du bateau).  Notre réaction suite à la facture aura été à la mesure de notre mécontentement (on vous conseille l’adresse).  Nous avons tout de même profité d’une ballade en famille, bien tranquille, sur ce fleuve mythique. Vous trouverez aussi les hollandais à Han-sur-Lesse. :-).  D’autres amis voyageurs (Reza et Hannah, rencontrés au Lac Turkana, Franzi et Gerry et un couple Allemand/Finlandais, rencontrés à l’anniversaire de Franzi et rédacteurs du SMS décrivant la piste vers Petauké) ont, eux aussi, abandonné ce projet vu le prix demandé !

Nous ne passerons pas la frontière avec le Zimbabwe, même si le vieux pont sur le Zambèze datant de l’ancienne Rhodésie est magnifique (mais interdit de photographier, sauf si l’on ne se fait pas prendre …).

Nous prenons les routes longeant le Zambèze, en direction des fameuses chutes Victoria, une des merveilles du continent africain avec les Pyramides de Gizeh et le Kili, selon Laurent des Chamaco’s.  Ces chutes sont impressionnantes, on en voit l’eau qui en remonte et bouillonne à des dizaines de kilomètres (une excellente douche naturelle pour ceux qui osent s’en approcher).  Ces chutes sont, elles aussi, sur le Zambèze, frontière naturelle entre la Zambie et le Zimbabwe.  Cette fois, nous décidons de franchir la frontière de manière un peu particulière : toute la famille passera le Zambèze en Tyrolienne, histoire de ne pas se faire arrêter pas les douaniers 🙂 (On a tout de même eu un problème pour faire passer le camion). Et Laurent, tout comme celui des Chamaco’s décidera de faire les grands plongeons dans le vide : Swing et Bungee.  Vraiment impressionnant dans un cadre extraordinnaire !

La suite, un peu moins drôle, chez les Chamaco’s, Corentin et Charlotte se retrouvent à l’hopital pour une crise de Palu. Comme quoi, le palu n’est pas une légende et reste un terrible fléau ici (d’après la doc des enfants : en Afrique, un enfant meurt du palu toutes les 12 secondes … ). Nous resterons ensemble à Livingstone, le temps de s’assurer que leur état s’améliore même si l’évacuation vers l’Afrique du Sud a été, un moment, envisagée par les assurances.  A ce jour, les enfants vont beaucoup mieux et nous les attendons un peu plus loin, à l’entrée de la Namibie.

P.S. 1 Bon anniversaire à Soazig, Marie, Noé et Elise.

P.S. 2 Histoires de voyage, un site où vous pourrez suivre des aventures semblabes à la notre.  Nous apprécions beaucoup la manière dont il arrive à mettre en valeur nos articles.  Allez le visiter … ça en vaut vraiment la peine !  Merci à Jean-Fi !

 

Au détour d’une piste …

Depuis quelques temps, nous avions pris l’habitude de rouler sur du « Tarmac », qui pouvait être d’état très variable. Lorsqu’il est en bon état, la vitesse des usagers augmente et « paf, c’est bien souvent l’embardée ! ». Nous en avons subit les frais à deux reprises : le 1er avril dans un bananier (pour ceux qui se rappellent, avec l’histoire du 38 tonnes … 🙂 ) et plus tard, sur un dos d’âne non signalé où tous les enfants ont décollé dans la cellule et dont Hubert a mis plusieurs semaines à se remettre. C’est comme ça que nous avions décrit une route de Tanzanie où nous avions vu plus d’une dizaine de camions dans le fossé sur moins de 500 km !

Une fois la frontière avec la Zambie passée (deux heures de discussion pour économiser 10.000 Kwacha, à vous de découvrir la valeur de notre gain), nous décidons de rejoindre le parc national de South Luangwa, un must en Zambie. Bon, pour y aller, il a fallu prendre une piste pas trop mauvaise (au début) de quoi retrouver enfin des populations moins habituées aux Shoprite ou Nakumat (supermarchés sud africains qui fleurissent depuis Nairobi et où nous avons redécouvert une sorte d’abondance à l’occidentale). Six heures, 150km, pour reprendre l’habitude de piloter le camion entre les nombreux trous, de jouer au bon samaritain en sortant une voiture du fossé. On sait maintenant que notre brave camion (Un « IVECO MAGIRUS ! », comme diraient les enfants) est plus fort que deux bœufs (on ne sait pas combien de chevaux ça fait …).

Dans tous ces petits villages, on n’arrive même plus à trouver de carte de recharge pour le téléphone, mais tout de même un peu de nourriture : un chou, des tomates (une constante sur notre voyage), des haricots et des chenilles que Béné se fera un plaisir de nous griller pour l’apéro. Un vrai délice !

Arrivés à South Luangwa, les Chamaco’s , nos petits suisses et deux couples d’allemands nous attendent sur le bord du Luangwa, rivière peuplée de crocos, hippos et babouins. Le soir, les hippos et éléphants se promènent, parait-il, généralement autour des véhicules … on n’a pas dormi de la nuit … tout entendu, mais rien vu du tout ! Chouette destination après une journée de piste éprouvante … y a même la piscine (le fleuve étant déconseillé pour la baignade).

Lendemain et surlendemain, visite du parc avec ses éléphants, crocodiles, hippopotames, varans, cobes, zèbres, gazelles, girafes, babouins, phacochères, mais toujours pas de félins (difficiles à voir ceux là en Afrique!!!).  Nous avons néanmoins pu perfectionner notre conduite sur piste, marécages asséchés, marche arrières dans les feuillus et pistes trop étroites :  un vrai sentiment de liberté dans ces grands espaces.

 

De South Luangwa, en direction de Lusaka, deux options s’offrent à nous : reprendre la piste (150km, 6 heures) et ensuite la nationale (170km) en destination de Lusaka via Petauké ou prendre une autre piste menant directement à Petauké (177km) et longeant le parc national sur pas loin de 80km. Les infos sur cette piste : 10 heures, pas facile, « serré » sur les 100 premiers km, ensuite : « ça va ». Info donnée par SMS à nos petits suisses par les allemands qui ont effectué le parcours deux jours avant. On sent que ça ne va pas être facile, mais longer le parc sur 80 km nous tente et puis … on sait que c’est faisable. Conseil de famille, que faisons-nous ? Nous sommes tous un peu en manque d’aventure et on décide d’une seule voix de prendre la piste (parcours en solitaire, sans assistance, mais sachant tout de même que Fränzi et Gerry l’emprunteront un peu après nous).

La piste, nous la prenons, après 15km, on appelle Fränzi et lui annonçons fièrement, pas difficile, paysages magnifiques et en plus, on voit plein d’animaux. La piste est un peu technique, nombreux franchissements de rivières (tous secs).  Il n’y a plus aucun pont debout (ça doit être terrible en saison des pluies, mais pour le moment, c’est la saison sèche. Un vrai régal donc !). C’est alors que les communications GSM s’arrêteront (plus de réseau, mais bon normal quand on est au milieu de nulle part), que la piste deviendra plus « serrée », que les arbres deviennent trop bas. La progression à la machette s’impose : hé oui, en Land Rover, ça passe, mais en camion, c’est un peu plus difficile. Laurent s’arrête, part en éclaireur pour voir comment la suite se présente. Couper un arbre tous les 10 mètres sur les 80 km qu’il nous reste avant d’atteindre la partie « ça va » nous semblait mission légèrement éreintante. Heureusement, il n’y avait que 500 mètres à défricher et une rivière à passer avec deux angles droits à négocier. En passant la rivière lors du repérage, Laurent a juste fait fuir un varan, petite bête d’un peu plus d’un mètre, qui se reposait paisiblement (il a cru que c’était un croco, mais comme dit Béné et Hubert, ce n’est pas possible car les crocos ne vivent pas sans eau). Un peu plus loin, Hubert, Augustin et Guilhem se retrouvent face à des éléphants qui se baladent gentiment dans le lit d’une des nombreuses rivières asséchées.

C’est à ce moment que nous rencontrons pour la première fois un autre véhicule sur le parcours. On en profite pour demander à un blanc qui vit dans le coin depuis plus de 20 ans, comment se profile la suite de la piste en destination de Petauké. Il nous dit que ça va être de pire en pire et : « You’ll not made it ». Bon, on argumente en disant que deux autres véhicules l’ont empruntée il y a peu de temps. Il nous répond alors : « Ha bon, ça augmente un tout petit peu vos chances de réussite ». Nous voilà donc rassurés. Les km avancent, on arrive à un premier village. Nous nous arrêtons juste après pour passer la nuit. Nous avons déjà parcouru 40km en 6 heures. D’après les infos, il nous en reste 60 assez éprouvants. Infos que nous ne pourrons croiser car les rares véhicules que nous rencontrons n’ont pas encore fait la piste jusqu’au bout cette année …

Le lendemain, nous repartons confiants car nous avons entendu que chaque année, un camion (un truc encombrant comme notre IVECO Magirus) effectue le trajet suite à la récolte du coton (qui d’après nos observations arrive à maturité). Les 40 premiers km se passent sans trop de difficultés, avec leurs passages de rivière, arbres à couper, … on arrive à la fin du parc et là, une bifurcation : à droite la piste en cul de sac pour atteindre le bout du parc, à gauche celle vers Petauké. On pense que tout va s’arranger. Mais non, cata, c’est là que tout commence : la piste de Petauké est en fait composée de deux segments et d’une partie centrale peu fréquentée et pas fréquentée du tout en saison des pluies, partie sur laquelle nous venons d’arriver. L’herbe a envahi la piste, les parties les plus pentues (juste avant les franchissements de rivière) ont été transformées en rivière lors de la saison des pluies et ne sont plus vraiment carrossables. Résultat, beaucoup de stress, allons-nous devoir faire demi-tour après 12 heures de piste et si près du but ? Nous prenons notre courage à deux mains et remblayons les ornières trop profondes. Laurent fait évacuer le camion aux moments délicats, mais ça passe malgré les quelques frayeurs ! Cool ! La piste devient meilleure, elle a même été quelque peu rafistolée par les habitants pour le passage du fameux camion récoltant le coton, nous soufflons : « on va y arriver ! ». Rencontres avec des gens qui ne voient jamais la « civilisation », mais adorables et toujours prêts à rendre service. Ils montent sur le camion avec leur machette pour nous aider lorsque les arbres sont trop bas, cherchent des déviations à travers tout si vraiment le baobab ne peut être coupé, guident Laurent minutieusement sur les quelques ponts partiellement entiers … en fait des camions sur cette piste, ils n’en voient pas et le nôtre leur semble tout de même un peu lourd. Dernière frayeur : la piste se transforme en lac … allons nous nous enliser vu notre poids …, on ne voit pas la fin de l’eau, … non, ça passe.

Maintenant, que la piste semble acceptable, ce sont les arbres qui s’y mettent. On en a découvert de superbes sur lesquels pendent des espèces d’haricots à poils jaunes de 8 cm de long et 2 cm de diamètre. En fait, il ne faut surtout pas les toucher. En les touchant, même avec le camion (ce que nous ne pouvons éviter), une espèce de pollen est dégagée et nous donne de terribles démangeaisons. On se gratte, les enfants hurlent, se contorsionnent dans tous les sens … c’est vraiment terrible ! En plus, nous n’arrivions pas à identifier l’espèce responsable de nos malheurs.

Bon, on vous rassure, on y arrive au bout de cette piste… pour nous, il nous aura fallu 16 heures, pas toutes faciles, mais quel bonheur d’y arriver ! Gerry et Fränzi nous diront : quel dommage que nous ne l’ayons pas faite ensemble, on aurait pu faire de beaux films et de belles photos !

Nous sommes fiers d’avoir retrouvé ce que nous étions, peut être, venus chercher en Afrique : des gens, des pistes, des animaux, des paysages, … peut être encore préservés et en tout cas hors des sentiers battus. Nous y aurons laissé une vitre, le néon, beaucoup de sueur et les soudures de la cabine qui nous gênent depuis quelques temps … mais bon, le tout a été réparé en moins de deux jours tout en continuant notre belle aventure !

C’est à vivre !

P.S.1.  Heureux anniversaire à Eric

P.S.2. Nous vendons notre camion.  Libre à partir de fin juin en Afrique du Sud.  Faire offre. Pour nous contacter : rubrique « nous contacter«