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L’ethiopie, quel changement !

Depuis la frontière tout a changé.  Laurent a pu boire une bière et acheter une bouteille de vin.  Béné a pu enfin tronquer son pantalon pour une mini jupe et lever le voile …  L’Islam et ses mosquées faisant petit à petit place au Christianisme et ses églises (orthodoxes).  Ici,  les croyants prient à l’extérieur, face aux murs,  fêtent Noël le 7 janvier, l’épiphanie le 19 (Timkat, la fête la plus importante pour eux).  La chandeleur, on ne la fête pas ici, mais nous vous invitons tous le 2 février pour manger des crêpes dans notre camion.  On vous enverra les coordonnées GPS vers midi. Si vous pouviez apporter un peu de viande, du fromage (pas de « Vache qui rit », on en a plein ici), de chocolat (du qui fond au soleil), du bon vin.  Pour les œufs, la farine et le lait, on se débrouillera !  Sinon, nous sommes passés de l’an 1432 en 2003 et tout cela, juste en un passage de frontière.  Une autre différence, ici, le soleil se lève vers une heure du matin et se couche vers une heure du soir.  A midi, il est donc 6 heures du matin.

Les paysages désertiques que nous côtoyions depuis la Syrie (Palmyre, à quelques dizaines de km de l’Irak, un superbe oasis au milieu du désert) ont évolué vers des paysages plus verts et surtout beaucoup plus montagneux (les enfants ont pu atteindre leur premier 4000 !).  Les paysages sont magnifiques et très variés.  Nous avons pu voir des montagnes avec des falaises vertigineuses (plus de 500 mètres de dénivelée) et des pistes à n’en plus finir.  Après les 400 km de pistes du nord du pays qui nous avaient amenés de Gondar à Mekele en passant par Debark, Axum et Adigrat et nos 4 jours de trekking à Simien, nous pensions que c’était fini et que nous allions enfin retrouver du bitume (comme nous en avions pris l’habitude , à notre grande surprise dans les pays précédents). Nous avons opté pour un parcours un peu hors des sentiers battus : le site exceptionnel de la dépression de Danakil.

En deux trois mots : Tout d’abord, on nous a dit qu’il fallait y aller (même si on en parle dans peu de guides et que les tour du nord de l’Ethiopie ne passent pas par là …), que c’était très cher pour y aller (des vrais prix pour touristes fortunés.  Ouf, on a tout de même trouvé un bon filon qui nous a permis de réduire le coût annoncé par certains de plus de 65%.  Si un jour vous passez par ici, on vous conseille notre ami Abel à Mekelle, responsable d’un garage spécialisé en pompes à injection, qui se fera un plaisir de vous y emmener).  Ensuite, on a compris que pour y aller, il fallait monter toute une expédition. On traverse des territoires gérés par des « rebelles », ayant pour le moment un pacte avec le gouvernement,  qui  leur permet de faire un peu ce qu’ils veulent dans la région et ce moyennant une paix qui semble maintenant y régner.

On s’est donc retrouvés à trois véhicules.  Deux 4×4 Suisses (Corinne et Adrian avec qui nous avions déjà fêté Noël au Soudan et Fränzi et Gerry avec qui nous voyageons depuis l’entrée en Ethiopie et qui avaient aussi fêté Noël avec nous).

Pour cette expédition, nous avons vidé presque tout le camion (car les routes s’annonçaient très poussiéreuses) et  pris un guide (chez Abel ). Ce guide est la personne de confiance connaissant toutes les « procédures » et servant de traducteur.  Et les procédures, il faut les connaitre.  Tout d’abord, il faut payer un droit d’entrée au gouvernement (environ 70 km après s’être engagé sur la piste).  Un peu plus loin, check point, la « police » locale rentre à l’arrière du camion, ça discute ferme, les billets passent … nous embarquons finalement deux personnes : un guide qui est sensé connaitre la piste et un « scout », armé jusqu’aux dents pour nous protéger.  Notre guide a dû négocier ferme pour n’embarquer que deux personnes … La piste de cailloux continue jusqu’au village où nous allons passer notre première nuit.  C’est là que les choses vont commencer : la piste dans le désert à destination du volcan Erta Alé. Dans ce sésert, il faut se trouver un chemin car la piste n’est pas une trace et beaucoup d’itinéraires sont possibles.  On passera dans le sable, beaucoup de sable (le camion se débrouille plutôt bien, même si Laurent a déjà des gouttes qui tombent de son front.  On ne peut pas s’arrêter, au risque de rester planté dans le sable) et ensuite des terrains plus marécageux, le tout sous 45° (et on a de la chance car d’habitude, on approche des 60°, le ciel était couvert !).  Ce qui devait arriver arriva : le camion se plante dans la boue, et oui, le guide n’a pas l’habitude de passer avec un 12T, trop lourd que pour  flotter dans les marécages.  Heureusement, armés de pelles, de plaques à sable et de deux 4×4, nous arrivons à sortir le camion de ce mauvais pas.  On essaye alors un autre itinéraire que cette fois le guide ne connait plus. Il nous plante une seconde fois dans la boue.  Rebelote, armés des pelles, … on sort à nouveau le camion et cette fois, le guide prend un petit garçon du village pour nous guider.  Cinq km plus loin, nous libérons ce garçon, juste avant de nous trouver face à une rivière … cette fois, Laurent refuse de s’y enliser et donc le guide a dû trouver un autre local que nous embarquerons cette fois pour les deux prochains jours.  A ce moment là ; Laurent pense à son assurance rapatriement, jamais nous sortirons de ce désert et tous ses pièges.  Arrivée ensuite à un dernier village où nous devons aussi montrer patte blanche, le check point le plus difficile.  Là, le guide part dans la case du chef des rebelles et nous attendons au  milieu du village et des enfants. Laurent, très curieux, s’aventure dans la case où le grand chef tient son conseil de guerre. Comme vous connaissez Laurent, il fait un peu caucause et un peu plus tard, nous sommes tous invités à saluer le grand chef qui n’avait jamais vu d’enfants blancs s’aventurer jusque là. C’est une case faite en bois dans laquelle il faisait une chaleur étouffante et des dizaines d’hommes assis, tous armés. Nous recevons l’autorisation de prendre quelques photos. Nous pouvons donc repartir pour le volcan mais 5 hommes armés doivent nous accompagner (pour assurer notre sécurité, bien entendu J ). La cabine du camion étant déjà complète (12 personnes), les 4 derniers s’installent sur le toit des 4X4. Il nous reste à parcourir une quinzaine de km dans la lave à du 6km/h. Piste très difficile car non prévue pour les camions et très cassante (les pneus s’en souviennent encore).  Nous arrivons au second camp alors que la nuit tombe déjà, nous sommes épuisés par cette journée, la chaleur, la poussière, la peur de rester coincé dans ce désert et il nous faut encore préparer à manger pour toute notre escorte et leurs copains qui s’invitent (soit une petite trentaine de personnes affamées), …et puis dodo. C’est vers 1h30 que le réveil sonne pour la dernière montée vers le cratère mais cette fois-ci nous chaussons nos bottines. Les enfants sont vraiment super, ils marchent tous d’un bon pas pour arriver au sommet avant le lever du soleil. imAu loin, dans le noir de la nuit, nous fixons cette lueur rouge-orange droit devant nous.   La suite, on vous la laisse découvrir en images … nous étions sur le bord du cratère avec la lave à 15 mètres en dessous de nous.

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