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Le Kenya du Nord au Sud et de l’Est en Ouest

Après ce passage de frontière trop facile, nous étions obligés de poursuivre sur les pistes qu’on vous a déjà décrites en long et en large. C’est là que nous avons perdu le frigo, une batterie, la clé pour démonter les pneus, que les armoires se sont détachées les unes après les autres, que lors de gros chocs, la cabine allait taper sur le réservoir de pression d’air pour les freins. Ce qui a provoqué une légère fuite que Laurent aidé de Gerry et Roger ont dû réparer un soir. Enfin, un village. Nous trouvons un semblant de garage qui nous répare notre fuite à l’aide de colle Super Glue et un peu de sable et nous aide à resouder la porte de la cellule.  Nous échangeons, dans une mission catholique, un petit peu de shillings Kenyans. Nous y rencontrons 2 anglais et 1 israélien à vélo. C’est tous ensemble que nous voyagerons jusqu’à Loyangalani au bord du lac Turkana.Là, à nouveau dans une mission catholique, nous nous offrons une cure de repos dans une piscine alimentée par de l’eau d’une source chaude (au moins 35 °) et un petit peu de recueillement lors d’une messe haute en couleurs et en chants.

Plein d’optimisme, nous nous approchons du lac pour une petite baignade. Malheureusement, c’est la cata, le camion est à nouveau embourbé. Mais cette fois-ci, il est bien planté. Laurent essaie de sortir tout seul, ensuite Gerry essaie de nous tirer, puis Roger l’accompagne mais toujours sans succès. Nous sortons toutes les pelles et creusons durant plus d’une heure. Une troisième voiture, un couple de Hollandais, nous rejoint. C’est finalement un trio de 4×4 qui, ensemble, nous sort du sable. C’est donc un peu plus loin que nous irons goûter à l’eau du lac où Roger perd son alliance.  Équipés de masques, nous la retrouverons heureusement assez vite. Les pistes continuent et se terminent par ces 20 derniers km de tôle ondulée qui achèvent le camion.Une fois sur le macadam, nos deux couples de Saint-Bernard nous laissent rouler à notre rythme. En effet, nos chemins se séparent car nous partons sur la côte dans le sud du Kenya pour une semaine de vacances au bord de l’océan en compagnie de la marraine d’Augustin et de toute sa famille. En chemin, à Nyeri, nous visitons la maison de Baden Powell et sa tombe face au mont Kenya (vous connaissez Laurent et son engagement pour les mouvements de jeunesse 🙂 ). Ensuite, petit passage obligé par Nairobi, dans le célèbre Jungle Junction où tous les voyageurs se retrouvent pour quelques achats et réparations (vitre pour la fenêtre du toit, changer tous les pneus, et une nouvelle clé (au cas où nous aurions une crevaison), du bois pour fixer les armoires, des nouveaux amortisseurs pour la cabine (pas trouvés), souder à nouveau la porte de la cellule, … , obtenir les cachets d’entrée au Kenya dans nos passeports, … et tout cela en moins de 24 h (un exploit d’après le propriétaire de Jungle Junction qui nous prévoyait une semaine au moins). Nous arrivons enfin à Malindi et retrouvons Joëlle, Bernard, Anton, Océane, Florence et Jules pour notre plus grand plaisir et en particulier celui d’Augustin. Nous profitons des plages, de l’océan et de sa température plus que douce et agréable et … des moustiques.Nous prenons, c’est certainement difficile à entendre, enfin, notre temps lors de grands festins garnis de fruits et de légumes. Lors d’une de ces pauses, nous débattons sur un nouveau sujet proposé par Océane (pour une présentation  pour l’école). Voici la question que nous vous soumettons : « Faut-il donner aux pauvres ? ». Question bien difficile … qui nous accompagne durant tout le voyage et certainement encore après. Notre route continue en direction de Lamu, mais cette fois-ci à 13. Nous sommes en compagnie de 6 nouveaux convoyeurs bien courageux de tester le camion sur les pistes. Lamu est une île au nord du Kenya, interdite aux véhicules, nous abandonnons donc notre camion pour la deuxième fois (la première se passait dans le Simien Park en Ethiopie, où nous avions dormi sous tente lors d’un trekking) pour 3 jours de grand luxe dans un hôtel au bord de l’eau.3 jours au milieu de la culture swahilie, parcourant les petites ruelles de Lamu et de Shela, se laissant porter au fil de l’eau par les boutres. Les boutres, ce sont ces magnifiques bateaux en bois avec une grande voile blanche inclinée en fonction du vent. Elles nous emmènent observer les poissons et déguster un magnifique poisson grillé au milieu de l’océan. L’avion ramènera nos 6 vacanciers vers Kampala en Ouganda que nous rejoindrons un rien plus tard par la route (enfin si on appelle cela des routes). Comme vous le savez, nous retraversons le Kenya et remontons vers le nord. Les routes sont longues mais nous avons de la chance de croiser de temps à autre des animaux tels des zèbres, une girafe, des hippopotames, des gazelles, des singes, un vrai spectacle en plein air. Les enfants sont émerveillés et profitent de chaque nouvelle rencontre. Mais Gerry et Fränzi nous attendent au Solio Range. C’est un parc privé, peu ouvert aux visiteurs, spécialisé dans l’observation et reproduction des rhinocéros blancs et noirs.

Les petits suisses y ont travaillé, bénévolement plus d’une semaine, ils recherchaient une dizaines de rhinocéros noirs disparus depuis plusieurs mois. Le parc souffre d’énormément de braconnage les soirs de pleine lune. Grande récompense pour les enfants, d’abord nous retrouvons Fränzi et Gerry, ensuite nous passons une journée intense sur le toit du camion à chercher, observer, filmer, photographier différents animaux. Nous avons la chance d’y voir, des guépards, un léopard, des buffles, des girafes, des zèbres, des phacochères, des chacals, des impalas,…. , des singes, et  bien sûr des rhinocéros. Guilhem et Hubert sont très doués pour repérer les animaux, alors qu’Augustin les photographie. Isaline et Aymeric se sont trouvés une place sur le toit et sont émerveillés.

Une très bonne journée. C’est avec les petits suisses que nous prenons la direction de l’Ouganda. Souvent, avant de prendre une route, on se renseigne sur son état et les réponses sont souvent les mêmes : « elle est très bonne ». C’est donc avec optimisme que nous nous mettons en route. Mais quelques kilomètres plus loin, les ornières, les trous, les dos d’âne, … apparaissent et avec eux les secousses dans tout le camion. De plus, ici au Kenya, il y a énormément de camion sur les routes et la conduite se fait à gauche. Pour chaque dépassement, nous devons vraiment nous déporter sur le côté pour espérer voir quelque chose, souvent toute la famille donne son avis « ça va, après le camion tu peux y aller, encore trois voitures et puis c’est bon,  … ».  Laurent se perfectionne encore dans la conduite du camion, après les petites rues des souks, les boulevards encombrés du Caire, les ponts trop bas, la circulation en sens inverse sur les autoroutes en construction en Syrie, les demi-tour, les pistes trop étroites ou trop basses, la conduite dans le sable ou sur les blocs de lave, …, voici maintenant la conduite à gauche. Il s’en sort à merveille et toujours avec énormément de calme et de patience.  Voilà nos derniers kilomètres au Kenya. Un Kenya que nous aurons traversé du Nord au Sud et de l’Est en Ouest mais un peu en dehors des grands classiques tels que le Massai Mara, le Tsavo, l’ascension du mont Kenya (que nous avons tout de même bien vu dans le Solio Ranch et dont vous avez un apperçu ci dessous), un magnifique trekking et encore certainement plein d’autres. Comme nous disons souvent en sortant d’un pays, il faudra revenir ….
PS : Nous souhaitons un bon anniversaire à Evelyne, Willy et Françoise