Notre cinquième continent !

Capture-16.35Avec notre entrée aux Marquises, nous entrons aussi en Océanie, le cinquième continent sur lequel Septavivre aura mis les pieds près de 5 ans après notre départ pour l’Afrique. Les Marquises sont également une terre très reculée, très difficile d’accès. Nous l’aurons méritée cette terre, terre de repos de Jacques Brel où nous aurons accosté un peu moins de quarante ans après lui (Il a atteint Hiva Oa en novembre 1975 avec son ketch Askoy de 42 tonnes. A l’époque, il avait mis 59 jours pour traverser le Pacifique …  heureusement pour nous, nous avons été un peu plus rapides !).  Capture-14.50Les Marquises sont composées d’une quinzaine d’iles dont six sont habitées pour un total de 9 000 habitants seulement.  Nous nous arrêterons sur 5 d’entre elles.  Elles sont toutes semblables, mais si différentes, avec leurs paysages vallonnésCapture-06.59 tapissés d’une végétation luxuriante et constitués d’aiguilles et de pics sortant de l’eau où les nuages restent accrochés tout commeCapture-06.55b nous car il y fait paisible, calme, … et surtout très accueillantes. Elles méritent bien leur nom de « Terre des Hommes ».Capture-17.00  Les odeurs de terre, de fleurs et de fruits, de marée et de pluie font frissonner nos narines dès notre arrivée.  Comme le dit Jacques Brel : « Je crois qu’un homme est un nomade,Capture-06.38 il est fait pour se promener, pour aller voir de l’autre côté de la colline ». Nous mettons nos petites ou grandes jambes en Capture-07.21route pour découvrir de ci de là des sites archéologiques, des tikis (Tiki souriant ci dessus), des pétroglyphes, des paysages incroyables où seules les chèvres sauvages gambadent aisément.  Chaque promenade nous emmène vers un village, Capture-15.04une croix située sur les hauteurs d’où la vue sur la mer, sur les bateaux, sur les toits des maisons nous font oublier l’énergie dépensée et la sueur nécessaire pour y accéder. Capture-07.04En chemin, nous rencontrons Damien et Hubert deux cousins qui nous font déguster leurs meilleurs fruits cassés (ce qui signifie cueillir) sur l’arbre, des pamplemousses, des fruits du pistachier, des ramboutans, le tout accompagné d’un peu d’eau de source.  Nous rencontrons également Doudou et son épouse, un marin retraité qui nous invite à prendre une limonade et discuter un peu.  Il y a aussi Mamy Jeanne, chez qui nous dégusterons les spécialités marquisiennes, le poisson cru au lait de coco, du maiore (fruit de l’arbre à pain qu’ils cuisent comme des pommes de terre), le fei (des bananes cuites qui ressemblent à des saucisses de Frankfort), du poe (une préparation à base de potironCapture-16.02 ou d’autres fruits), et en dessert un magnifique gâteau dont tous les enfants se souviennent encore.  Nous passerons aussi  chez Yvonne, où nous gouttons le traditionnel cochon cuit dans le four marquisien après une chouette promenade. Nous nous déplacerons jusqu’à l’exploitation de Moana et Marie-Louise où ils ont procédé à un vrai carnage Capture-09.06(ce qui signifie casser tous les fruits et légumes).  Gabriel, Caroline et leur fille Mélanie qui répétaient les chants et les danses pour le grand festival. Nous discuterons également avec la dameCapture-15.10 qui tient l’épicerie à Fatu Hiva et que Laurent fera pleurer car un peu insistant pour que le village reprenne nos poubelles 🙁 . Ensuite, il y a Paul qui Capture-15.33emmènera les enfants sauter des rochers ou de la cascade. Nous serons aussi très touchés par Ismaël et son papa Lucas qui nous montreront et offriront  des pierres fleuries (uniques à Ua Pou et quelque part au Brésil). Nous serons également séduits par Capture-06.46tous les enfants de cette ile qui se balancent des heures durant sur les amarres de l’Aranui lors de son escale. L’Aranui est un bateau cargo qui vient ravitailler Capture-07.16les iles et qui emporte les fruits, le copra ( de la noix de coco séchée au soleil qui sera utilisée pour les cosmétiques) ou le noni (utilisé dans l’industrie pharmaceutique) pour Papeete.  La particularité est que ce cargo a aussi été aménagé pour sa moitié en bateau Capture-06.55de croisière permettant ainsi aux touristes de visiter ces iles si lointaines.  Sans oublier tous les gens qui nous ont pris pour quelques km dans leur 4X4. A chaque mouillage, nous sommes conquis par la splendeur des paysagesCapture-15.23 mais aussi par le spectacle des dauphins ou les ballets des raies Capture-16.54manta. Nous tenons également à vous parler de toutes nos rencontres de bateaux avec qui nous passons des moments extraordinaires. Il y a « Tuvalu », « Mary Ann », Meno, … rencontrés pour quelques apéros, « Oboé d’Amore » Capture-07.12avec Pauline et Basile des jumeaux de 15 ans, les 4 jeunes Bérenger, François, Martin et Pierre d’ »Amasia » Capture-16.14qui ont le magnifique projet de faire le tour du monde sur un voilier écologique avec zéro émission. Il y a Phileas Capture-09.14que nous retrouvons ici après les San Blas avec Nicolas et sa guitare, Virginie et sa douce voix qui nous enchantent Capture-15.55bien des soirs de leurs chansons, sans oublier leurs enfants qui font le bonheur de nos enfants. Il y a « Zorba« , Patricia, Olivier et leurs deux enfants, incroyable, une famille belge et de Rixensart en plus. C’est en leur compagnie que nous faisons la connaissance de « Kazaio« , CarinaCapture-09.03 et Gonzalo et leurs enfants, ainsi que Tito, le papa et Barbara la sœur avec son immense sourire qui vous donne juste envie de sourire. Et puis il y a aussi « Te Ara », fidèle compagnon durant ces 6 semaines aux Marquises. Toutes ces personnes et bien d’autres encore ont été nos compagnons de balade, de découverte, de rencontre, de soirée, d’apéro, de réparation sur le bateau, de conseil, Capture-15.25
Nous découvrons Brel et Gauguin grâce aux petits musées qui leur sont dédiés.  Brel était un vrai marin, Capture-15.20un homme du voyage qui aimait la découverte et ce besoin de toujours aller voir plus loin. Nous lui ressemblons un peu, tout comme tous les amis voyageurs que nous croisons quand il explique : « J’ai envie de voir des choses, j’ai envie de m’arrêter dans des villes où j’ai envie de m’arrêter pour passer huit jours avec des gens que j’aime beaucoup ou des gens que je ne connais pas encore et que je vais rencontrer comme ça. »  Notre voyage se fait tout simplement « comme ça » avec énormément de bonnes surprises et de belles rencontres. Même le ciel nous offre des cadeaux.Capture-16.14b
On vous a préparé un petit jeu lors de notre visite d’un Meae capture2b(sanctuaire religieux) sur le site de Lipona à Puamau. A vous de trouver où se cachent les 5 enfants, sur la seconde photo.capture1b

Nous préparons déjà notre retour et certains s’entrainent pour être en forme dès septembre pour le hockey Capture-15.40… LLNHC, on arrive !

Les enfants souhaitent à tous leurs copains plein de courage pour les activités obligatoires de mi-juin.

Capture-17.03

Bientôt les vacances …

Les Galapagos

Capture-20.45Vendredi 3 avril, nous saluons une dernière fois Talitha Koum et vers 18h45 avec le coucher du soleil, nous partons pour les Galapagos. Nous ne savons pas vraiment si nous sommes totalement prêts pour cette grande aventure mais nous avons vérifié le bateau (tout semble en ordre selon Laurent), les cales sont encore bien pleines de nourriture et la météo pour rejoindre notre première étape semble favorable. En effet, autour de l’équateur, les vents sont très souvent plus faibles voire inexistants. Assez vite nous trouvons notre rythme et descendons vers l’ile de Malpelo.Capture-14.56 Une ile bien connue des plongeurs qui rêvent tous un jour d’y faire une descende au milieu des requins. Dans google, regardez les images, c’est magnifique. N’étant pas tous plongeurs confirmés, on ne s’y arrête pas (de toute façon il faut une autorisation). Pourquoi être descendu vers cette ile alors? Simplement pour chercher ces fameux vents favorables mais surtout un courant marin de deux nœuds qui nous pousse Capture-20.51vers les Galapagos. En chemin, nous observons de nombreux oiseaux. Il y a ceux qui tournent autour du bateau et qui semblent nous indiquer la route. Il y a ceux qui _Capture-14comme les naufragés du Titanic espèrent rejoindre une terre. Et puis il y a les moins valides qui font du stop et profitent d’un bateau pour se reposer mais aussi pour avancer (les premières heures Capture-06.50ne furent pas faciles pour lui, avec une seule patte, il a dû trouver son équilibre à chaque oscillation du bateau, après quelques temps, il put se laver, se reposer et même dormir). Il y a aussi les trop gourmands qui se font attraper par nos leurres (on aurait pu refaire une ancienne recette mais il nous manquait du ris de veau pour cuisiner des oiseaux farcis). Nous approchons de la première ile des Galapagos, Genovesa. Capture-20.55C’est un ancien cratère en forme de U dont la partie centrale communique avec la mer. Comme d’habitude, c’est de nuit que nous entrons dans cette magnifique piscine. Nous essayerons de mouiller mais sans succès. Il fait totalement noir, tous les bruits, les piaillements des oiseaux sont amplifiés et nous n’osons pas nous rapprocher trop des cotes alors que le sondeur de profondeur déraille et passe immédiatement de 12, 15 m à 80, 120 m. Après plus de 10 essais, nous sortons du cratère et décidons de faire des ronds dans l’eau avec le bateau jusqu’au lever du jour. C’est vers 5h00 du matin, que nous entrons àCapture-20.57nouveau au milieu du cratère pour y observer ce merveilleux décor, paradis des oiseaux. Nous comprenons rapidement la raison de nos échecs de mouillage. Le fond de plan est décalé et le mouillage se fait sur une zone de terre sur la carte. Ce que de nuit, nous n’avions pas osé tenter. De là nous traversons toutes les Galapagos afin de rejoindre Isabela, un des trois mouillage réellement autorisé pour les voiliers de passage. Sur la route, nous franchirons la latitude 0°, Capture-20.53grand moment qui imposera un apéro, comme propose à chaque fois Guilhem.  En chemin, nous admirons la splendide ile de Bartholomé.Capture-21.09 Béné en interdira le mouillage devant le cratère de peur d’être dénoncé par les bateaux touristiques. Capture-21.08Nous naviguerons toute la nuit avec une attention soutenue par crainte que notre carte et la position de tous les ilots ne soient mal positionnés. Nous guetterons la moindre ombre, les moindres bruits des vagues frappant les rochers. Capture-21.01C’est vers 4h00 du matin, que nous atteignons le port d’entrée d’Isabela. Heureuse surprise au lever du jour, Capture-21.11nous sommes accueillis par des otaries qui se reposent déjà sur les bouées, qui se font des bisous et par les pingouins nageant comme des fous. Capture-21.18Laurent essayera de se faire copain avec l’une d’elles mais sans succès. C’est sur cette ile que nous partirons à la recherche d’ancêtres bien plus vieux que nous pour certaines, les tortues Capture-21.34terrestres mais toujours très actives malgré leur grand âge (plus de cent ans pour certaines). Nous serons guidés par d’affreux (selon Béné) iguanes noirs.Capture-21.16  Nous profiterons de cette escale pour faire une excursion organisée : Los Tuneles suggérée par Patrick et vivement conseillée par tous les tours opérateurs locaux.  Capture-21.37Bon c’est pas donné, mais comme on essaye de passer sous le radar en évitant les frais d’entrée,  on se dit que l’on peut bien se permettre cela.  Et puis, même si ces Iles, patrimoine de l’humanité, sont honteusement hors de prix, passer à côté (comme de très nombreux navigateurs) sans rien voir, c’est vraiment dommage …  Le choix d’éviter ces iles est toujours financier … dommage qu’en voulant préserver le patrimoine de l’humanité, on empêche l’homme de contempler son patrimoine … la préservation est elle à ce prix ?Capture-21.43
L’excursion vers « Los Tunneles » nouCapture-21.43.2s emmènera dans un endroit très difficile d’accès, entre la barrCapture-15.27ière de corail et la terre, accessible que par la mer.  Nous pourrons y observer des pingouins, otaries, fous aux pattes bleues, requins à pointes blanches, tortues marines, hippocampes et des tas de poissons de toutes les couleurs.  Le tout dans un décor de tunnels de lave creusés par l’océan.
En rentrant, on discute avec le pilote du bateau de choses et d’autres.  Il nous parle de l’agent qui s’occupe des formalités Capture-06.10d’entrées qui fait partie de sa famille, ce qui nous inquiète un peu car officiellement, nous ne sommes pas rentrés dans le sanctuaire des Gallapagos.  On passe à un autre sujet.  En passant près des voiliers au mouillage, il nous demande gentiment quel est notre bateau … ce qui nous fera décider de partir sur le champ  une fois l’excursion terminée.
A peine avons nous Capture-21.45rejoint notre catamaran que 10 minutes plus tard, nous appareillons pour notre grande traversée après que le capitaine ait reçu 6 réponses favorables à la question « prêt à partir, on y va ? ».Capture-21.06
Nous quitterons ce sanctuaire avec un spectacle magnifique de centaines de raies faisant des sauts énormes par dessus l’océan.  Nous lançons les paris sur l’estimation de la durée de nos jours sans voir la terre.  Laurent annonce qu’il faut se préparer à 4 semaines tout en espérant faire beaucoup mieux.  Les estimations varieront entre 18 et 22 jours, fort de nos expériences entre la Jamaïque et Panama et entre Panama et les Gallapagos.  On peut voir le caractère plus ou moins optimiste de chaque membre de l’équipage.  On mettra finaleCapture-21.31ment 18 jours et quelques heures, pour arriver le 1er mai à 5h18 UTC.
La traversée, vous aurez pu la suivre en direct.  Plus nous sommes éloignés, plus vous avez des news.  Ce qui nous amène au résultat du concours qui consistait à estimer notre heure d’arrivée.
Contrairement à ce que vous pensiez, vous n’avez pas tous gagné, mais certains étaient très proches.
Nous avons L’ami râle qui avait pronostiqué le 1er mai à 7h35, pas mal vu que le pronostique date du 22 avril.  On voit que nous avions bien choisi notre ange gardien responsable du routage météo.  Ensuite, Talitha Koum, avec Pierre, autre capitaine au long cours qui connait bien notre catamaran pour s’être mesuré  là lui lors de nombreuses régates dans la mer des San Blas avec pour pronostique  le premier mai à 4 heures.  Finalement, Dimitri qui a pronostiqué 6 heures est le plus proche.  A nouveau un marin aguerri au cata des Septavivre.  Reste Nadine qui a pronostiqué le bon jour,  mais à quelle heure ?  Ce manque de précision lui sera fatal…Capture-21.57

Résultat des courses, les trois premiers du concours ont déjà pu naviguer avec nous où à nos côtés … rien de tel que de l’expérience …. ils sont bien entendu toujours les bienvenus (même si Dimitri affirmait qu’il préférerais être second … )  Bon, on lance alors l’opportunité à tous ceux qui souhaitent venir passer une ou deux semaines à bord entre maintenant et fin juillet de se signaler et on vous accueillera avec plaisir ! Attention cependant au billet d’avion qui n’est pas tout à fait gratuit …

Merci à vous de nous suivre, c’est vous qui nous encouragez à narrer nos aventures.  On a plus qu’un petit mois de retard.  La prochaine fois on vous parlera de notre passage aux Marquises, terre de Jacques Brel et de nombreuses rencontres …

A la demande d’IMNNGL, voici un petit montage du spectacle assuré par les raies pour nous dire « bon vent les amis » !

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Premières rencontres avec le Pacifique

Nous sommes le 20 mars, plus qu’une fois dormir et nous passerons Capture-05.39les célèbres écluses du canal Panama. Dernière discussion avec Nicolas de Phileas qui nous met un peu la pression : «  Quoi, vous n’avez pas fait un premier passage avec un autre bateau ? Vous êtes certains que vos enfants seront acceptés comme hand-liners ? ».  Hé oui, en général, les bateaux embarquent des personnes Capture-05.45supplémentaires pour tenir les 4 lignes d’amarrage qui doivent nous maintenir à distance respectable des murs des écluses quand on la remplit ou la vide. Nous choisissons de rester en famille. Ben oui, nous avons déjà tous des mois d’expérience sur notre bateau !  Ce sera Guilhem, Augustin, Hubert et Béné qui auront la lourde responsabilité de jouer aux hand-liners. On espère qu’ils auront la force, l’attention et les bons réflexes si besoin. Nous installons les pneus (en guise de pare battage) et préparons les haussières de diamètres et longueurs règlementaires. Capture-05.38Rendez-vous à 15H00 dans le flat (parking pour les bateaux passant le canal délimité par des bouées) pour accueillir notre pilote, un expert du canal qui donne ses instructions de manoeuvre au capitaine sans que sa responsabilité puisse être engagée (le capitaine restant bien entendu seul maitre à bord tant que le bateau navigue … ).  Nous serons finalement trois bateaux accouplés pour le passage. Capture-05.43Un autre catamaran bien plus grand que le notre et un monocoque. Mauvaise configuration car à trois, nous sommes très larges pour passer les écluses, ce qui ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre pour éviter de toucher les murs des écluses qui ont la réputation d’endommager les bateaux.  Nous attachons les trois bateaux et entrons déjà dans la première écluse. Capture-05.44Très vite les portes se referment et avec elles, la mer des caraïbes et l’Atlantique, soit la première moitié de notre périple. C’est la tombée de la nuit, mais l’agitation est toujours présente au dessus des écluses, de nombreux hommes se promènent tenant les lignes et suivant les bateaux, les locomotives s’activent elles pour tirer les grands portes containers. Les gros spots remplacent bientôt le soleil. L’eau monte formant de terribles remous dans le bassin. Les trois capitaines restent concentrés (surtout Laurent). Il ne faut pas que les bateaux pivotent à cause des courants et ne viennent heurter les murs de l’écluse. Tout s’enchaine, on entre déjà dans la seconde écluse et puis dans la troisième. Toujours cette même attention des capitaines et des hand-liners pour rester bien au centre de l’écluse. La dernière porte s’ouvre sur le lac de Gatun. Les trois bateaux se séparent. Nous sommes cette fois juste au-dessus du grand barrage (où nous avons perdu notre annexe quelques semaines plus tôt ). Capture-05.46Il fait tout noir. Le pilote nous guide jusqu’à une énorme bouée sur laquelle sont déjà amarrés quelques bateaux. Nous sommes maintenant 6 ou 7 bateaux attachés les uns au autres pour passer la nuit. Les pilotes repartent aussi vite qu’ils ne sont montés à bord. Tout le monde s’endort assommé par la tension, le stress et surtout le réveil prévu très tôt le lendemain pour l’arrivée du nouveau pilote. Capture-05.47C’est avec le soleil que chaque bateau se réveille et lâche les autres pour avancer lentement vers le Pacifique. Nous naviguons toute la matinée à travers cette immense étendue d’eau calme sous un soleil de plomb et sans aucun vent pour nous rafraichir. Nous croisons les cargos, les roros, les Panamax, … et Capture-05.49des barges avec grue qui transportent du sable pour améliorer ou aménager le canal. C’est juste après le pont du Centenaire que nous reformons notre groupe de 3 bateaux pour rentrer dans la première écluse côté Pacifique, l’écluse de Pedro Miguel. Capture-05.56Cette fois-ci, l’eau en descendant entre les portes fait descendre les bateaux afin de rejoindre le niveau du Pacifique. Déjà l’énorme porte des écluses de Mira Flores s’ouvre devant nous et nous pousse vers le Pacifique. Nous reprenons notre indépendance et passons sous le Pont des Amériques. Capture-05.58Nous venons de perdre quelques degrés mais avons gagné des dizaines d’oiseaux volant devant les hautes tours de Panama City. Capture-06.00La nuit venue, nous sommes comme entouré par des guirlandes de lumière s’élevant dans les hautes tours ou dans les cargos apparaissant comme une ville entière sur l’eau. Pour profiter une seconde fois (sans stress pour Laurent) de cette merveilleuse traversée, les Talitha Koum nous accueillent tous les 7 sur leur cata. Quelle joie de revivre ces grands moments entre l’Atlantique et le Pacifique en leur compagnie. Après un bon ravitaillement dans les marchés aux fruits et aux légumesCapture-06.54, deux bonnes journées dans le plus grand Mall d’Amérique du sud, la visite de la vieille ville de Panama et la petite grimpette sur le colline au drapeau, nous larguons les amarres en direction des Iles de Las Perlas. C’est là que nous signerons notre poisson du premier avril, que Laurent fera ses dernières plongées avec Pierre, que nous plongerons avec tous les enfants sur un ancien sous marin échoué à quelques mètres de la plage et surtout que nous « beacherons » le bateau.
Capture-06.53Cette opération consiste à échouer notre catamaran sur une plage entre deux marées hautes (près de 4 mètres de marée sur une période d’environ 6 heures) afin de nettoyer la coque pour gagner au moins 2 noeuds durant notre traversée. Vers 15 heures, la marée commence à descendre et nous nous précipitons pour profiter de cet instant pour aller échouer le catamaran.  Nous avons moins de 6 heures pour gratter, nettoyer, remettre de l’anti-fooling. Vers deux heures du matin, le bateau recommence à vivre, il bouge de nouveau, l’eau le soulève et finit par le libérer du sable.  Ouf !  L’opération est réussie !  Cette aventure unique pour nous fut très stressante et bien sympa.  Elle ne sera très probablement réalisable que là bas.  Les Caraïbes n’offrant pratiquement pas de marées, tout comme la Polynésie.  Et aux Galápagos, pas question de tenter une telle aventure !  En tout cas, notre cata est prêt pour la grande traversée !Capture-06.51
Aux Perlas, nous dirons au revoir aux Talitha Koum avec lesquels nous aurons passé un bon mois de navigation depuis les San Blas. Capture-06.52 Ils seront les dernières personnes à nous saluer avant le grand départ.  Merci Nathalie, Pierre, Yann, Zoé et Julien, on a vraiment apprécié votre amitié.  Rendez vous fin juin !

Panama et les San Blas …

On va revenir un peu en arrière … lorsque nous étions à Panama, avant de passer le canal …Capture-14.29

Après quelques jours à la marina, le temps de faire l’entretien des moteurs, de recevoir un nouveau coulisseau de GV (celui qui nous avions cassé à Grenade puis en Jamaïque), de chCapture-14.34oisir entre une annexe d’occasion ou une nouvelle, de faire de chouettes rencontres dont les « Jambon-beurre », de profiter un peu de la piscine et de faire quelques courses, nous partons en direction des San Blas avec énormément de prudence car les cartes sur navionics sont mal calées et incomplètes. Capture-09.10La zone est remplie de récifs, de patates de corail et de bateaux échoués. Il est préférable de naviguer de jour entre 10 et 14h pour que le soleil soit à la verticale et de surveiller en permanence les fonds. Surtout ne jamais naviguer de nuit. Capture-14.40Heureusement, Laure et Jacques nous ont gentiment prêté le Bauhaus (livre reprenant les cartes de référence pour la zone, la bible des profondeurs) et Olivier nous a même donné ces cartes correctement calées. Capture-09.19Les San Blas sont un ensemble d’iles de sable fin couvertes de cocotiers dont certaines sont habitées par les Kunas, un peuple encore indépendant. Les femmes cousent des molas et fabriquent des bracelets de perles qu’elles viennent vous vendre dans leur petite barque. Capture-15.09Dès notre arrivée dans un super lagon aux eaux transparentes, une annexe nous accoste : « Vous êtes Laurent et Bénédicte, votre arrivée nous avait été annoncée…»  Capture-14.47Quel accueil, il s’agit de Nicole et Jacques, des Suisses, copains de Laure et Jacques que nous avions rencontrés en Jamaïque. Et voilà comme le monde est petit. C’est également là que nous sommes invités par des Néo-Zélandais à un apéro sur la plage avec plusieurs familles. A nouveau de belles rencontres dont Philéas, Oxygen et Talitha Koum. Talitha Koum est la famille belge avec 3 enfants dont « Jambon-beurre » nous avait parlé. Capture-09.14Soirée guitare sur la plage autour d’un grand feu. Moments magiques dans des endroits magiques. En compagnie de Talitha Koum, Capture-09.17nous découvrons les autres petites iles. Laurent en profite pour faire des plongées en compagnie de Pierre tandis que les enfants jouent ensemble. Nous testons de nouveaux mouillages cul vers la plage qui permet de sauter du bateau. Capture-09.29Un soir, Pierre arrive sur le bateau, il a perdu sa petite annexe. Nous sautons sur son annexe scrutant l’horizon avec nos lampes torches à la recherche de cette annexe à la dérive. Capture-09.29.44Après une bonne heure nous rentrons bredouille et décidons de reprendre les recherches des l’aube. Cette fois, après analyse des vents et des courants nous estimons la zone de recherche et nous rejoignons les côtes espérant trouver l’annexe coincée dans la mangrove. Mais à nouveau, nous rentrons bredouille, dernier espoir, demander aux Kunas. Après une heure, un Kuna arrive nous expliquant qu’ils ont retrouvé l’annexe et qu’on peut aller la chercher sur l’ile de Rio Azucar. Laurent et Pierre partent immédiatement. Ayant reçu un très bon accueil, nous partons avec les deux catamarans pour cette ile. Capture-09.26Les iles réellement habitées sont couvertes de maisons ayant toutes une petite cabane au-dessus de l’eau. Vous savez pourquoi? Ce sont les toilettes évidemment. Nous nous baladons, les enfants jouent à la marelle,…Capture-09.52Après quelques petits tours d’iles en iles, nous retournons à l’endroit préféré des enfants « Le Tube » car on peut y observer des raies, des requins, l’eau y est transparente, Capture-09.47.50…Nous sommes le vendredi 13 mars. Yan a été malade toute la nuit. Vers midi, un monsieur Alan demande de l’aide à Pierre, Claude, Arnaud, Laurent car dans la nuit, son bateau a heurté la barrière de corail et son bateau est échoué juste derrière l’ile. Capture-09.54Alan naviguait tout seul depuis 6 jours en provenance de la République Dominicaine. Il pensait être encore à deux heures des cotes et s’est endormi quand son bateau s’est couché sur les coraux. Une vraie catastrophe qui nous a tous bouleversés. Capture-15.10Pendant plus de trois jours, les papas et les grands l’aideront à démonter tout ce qu’il pouvait récupérer sur le bateau avant que les Kunas ne saccagent tout. Les plus jeunes restés sur le cata, entendent tout à coup des appels au secours. Il s’agit d’une dame qui se lavait à l’arrière de son bateau et qui se faisait emporter par le courant. Ce qui fit rire les enfants : elle était toute nue 🙂 On ne va pas illustrer … Pendant ce temps, de l’eau coulait sous nos armoires, une petite fuite provoquée par le déplacement d’un collier de serrage. Et voilà que Arnaud revient déjà, il a sa jambe en sang, en essayant de démonter un winch sur le pont il s’est enfoncé la lame d’un Leatherman dans le mollet. Pas trop grave, quelques Steri-Strips, un beau pansement et aucune baignade durant quelques jours. Tout ceci le vendredi 13, superstition, malchance ou simple coïncidence…. Capture-09.09.56Nous avons été ravi de voir le soleil se lever le samedi 14. Quelques jours plus tard, nous quittons les San Blas pour rejoindre Colon car notre date de traversée du canal est fixée au 21mars. Juste le temps de faire quelques courses (juste de quoi nourrir 7 personnes durant plus de 40 jours). Capture-14.39On en a rempli des caddies, 80 litres de lait, 25 kg de farine pour faire du pain, ….Nouvelle nuit à Shelterbay pour défouler une dernière fois les enfants dans la piscine, récupérer notre nouvelle GV et se faire livrer les pneus et les amarres pour le canal. Pour la GV, il faudra encore attendre quelques jours. Mais à la marina, nous rencontrons toute l’équipe de Thalassa. Capture-09.20Il tournent un reportage pour les 40 ans de l’émission. Elle présentera la construction du nouveau canal et le développement du transit maritime. C’est là, que nous rencontrons Anne-Laure qui renforce l’équipage de Touta, un bateau que son propriétaire souhaite amener jusqu’en Nouvelle Zélande.Capture-09.47

Voyage à 7 autour du monde en Catamaran…