Arriverons-nous à temps à Cape Town ?

Notre voyage se poursuit gentiment vers le sud. Après la Skeleton Coast, nous visitons la très jolie ville allemande de Swakopmund, où nous rencontrons des voyageurs hollandais, John et Gonnie, qui sont descendus par l’autre route, tout aussi improbable, celle de l’ouest. Les pays traversés semblent plus corrompus, amis tout aussi intéressants, que ceux que nous avons pu rencontrer.  Nous discutons de nos souvenirs d’anciens combattants … ils nous donnent quelques filons pour la suite, une très jolie route dans le sud de la Namibie et la route des vins (enfin, on reparle de vin !) en Afrique du sud.  La Namibie nous étonne par sa très très faible densité de population, même les grosses villes traversées semblent désertes.  Nous prenons une route qui longe l’océan, entre mer et dunes de sable.  On ne parle pas des dunes du Zwin, mais des énormes dunes, plus hautes que les collines du pays de Herve. On y fait de la luge, du surf et … des balades en quad. Un must parait-il dans la région.  Nous (enfin surtout Laurent) nous sentons forcés d’aller au moins voir.  Nous y passerons toute la journée. D’abord une initiation sur circuit pour les enfants, ensuite un tour dans les dunes pour Laurent.  Il reviendra avec ces mots « expérience extra, jamais eu autant de plaisir sur ce type d’engin ».  C’est tous les 7, le doigt sur la gâchette de l’accélérateur, que nous gravirons les grandes dunes pour vivre ensemble cette belle aventure (très écologique, milles pardons).

Seconde grosse ville sur la côte : Walvis Bay, la deuxième ville du pays après Windhoek et toujours personne ou à peu près personne !  On en profite pour réparer la roue de réserve encore réparable.

De Walvis bay, nous rejoignons Sossusvlei, très connu pour ses grandes dunes rouges, l’emblème du pays.  Nous grimpons sur la plus haute dune (Big Daddy, 300 m de haut) après être passés par la Deadvlei. Des paysages magnifiques et apocalyptiques : des arbres morts sur un lac brulé par le soleil.  Cette année, nous avons de la chance, il a beaucoup plu et voyons dans le désert, toute une végétation inhabituelle.  Dès que l’eau arrive, tout reverdit.  Nous y ferons la rencontre d’un couple de belges très sympa et overlanders en leur temps , Eric et Nancy, installés là et organisant des voyages en montgolfière au-dessus des dunes pour touristes fortunés (nous ne pourrons vous narrer l’expérience car vraiment trop cher pour nous, mais, parait-il, ça en vaut vraiment la peine !).  Ils nous prêteront un joli coin de paradis où nous passerons la nuit.  A Sossusvlei, on se baladera également dans le canyon de Sesriem, impressionnant canyon qui en moins de 100 mètres part du plateau pour se transformer en un canyon de quelques dizaines de mètres de profondeur.

Entre deux villes, souvent plusieurs centaines de kilomètres. Parfois, un petit hameau comme Solitaire (il porte bien son nom celui-là) et un décor à la « Cars ».  Parfois un passage à gué qui nous permet de décrasser le camion. Parfois, une voiture en panne sur le bas côté, on s’arrête et leur prête la batterie d’outils que Laurent a emporté. Parfois, un lapin qu’on écrase et Augustin qui pleure durant des heures et nous supplie de conduire au milieu de la route pour diminuer le risque de les ratatiner.  Sur ces longues pistes en ligne droite, on ne croise personne, … sauf deux cyclistes. Et en plus on les connait … comme au Zoute un samedi des vacances de Pâques « tu connais, tu connais … ». C’est Andréa, notre italien avec qui nous avions fêté notre premier Noël au Soudan. Il est accompagné de Marc, un belge expatrié (en France) qui descend l’Afrique à vélo avec deux autres potes français.  Un déjeuner s’organise au milieu de la route.  L’occasion de sortir une bouteille de rouge …

Petit zigzag pour rejoindre à nouveau la côte et la dernière ville allemande : Luderitz, la capitale de l’industrie du diamant. Très jolie également, dans le style de Swakopmund visitée précédemment.  Nous passerons par la ville fantôme de Colmanskop, ville champignon bâtie au début du siècle dernier lors de la ruée vers le diamant, à l’instar des villes du Far-West.  La majorité des maisons sont encore debout, même si certaines se font traverser par les dunes (les dunes avancent à une vitesse de 3m par an …un peu comme les arbres en Croatie).  Cette ville a été abandonnée dans les années 50 …

A partir de Luderitz, nous souhaitons rejoindre le Fish River Canyon, une des autres curiosités immanquables de la Namibie.  Pour cela, nous choisirons la piste qui descend tout droit de Aus vers le sud, en direction de la rivière Oranje marquant la frontière avec l’Afrique du Sud.  Après 200 km de route, nous entrons dans le parc national de Ai-Ais. Nos yeux ne se lassent pas de ces paysages incroyables, de ces étendues de pleine nature. Nous sommes confiants et puis… ce panneau « route fermée ».

Cette route fermée est la route que nous devons absolument emprunter.  Dans le cas contraire, cela nous coûtera 500 km de détour et deux jours … Le problème : un pont. Ce pont devrait être réparé dans 3 mois …ça nous inquiète, car notre timing est un peu serré.  Nous trouvons un village (5 maisons), composé de policiers, gardiens du parcs et agents des douanes, tous en chômage technique car trop d’eau. En effet, le pont situé à 40 km est sous eau. Quant à la frontière, située à 5 km seulement mais de part et d’autre de la rivière Oranje est, elle aussi , fermée car trop de courant et la barge ne peut effectuer de traversées.  Cela discute, cela complote. Finalement, nous embarquons deux jeunes gars, travaillant pour le parc, pour aller jeter un coup d’œil à la frontière. Bien-sûr, nous n’y rencontrons pas âme qui vive … Ils nous disent, l’eau a un peu baissé (1 mètre en deux jours).  On reprend espoir, peut être que le pont est lui aussi franchissable.  D’après eux : le pont est peut-être visible, mais les berges ont été emportées et on ne sait donc plus monter sur le pont.  On fait alors un deal avec eux : on vous emmène jusque là, vous nous aidez à combler le passage entre la terre ferme et le pont et on vous ramène ensuite à vos maisons.  Ils acceptent car ils souhaitent, eux aussi, connaître l’évolution de la situation.  Marché conclu !

P.S Nous vendons, louons (voir prêtons si retour Belgique) notre camion 4×4 aménagé, disponible à partir de fin juin en Afrique du Sud

8 réflexions sur « Arriverons-nous à temps à Cape Town ? »

  1. Bonsoir les « sept »

    Depuis un an et notre dernière rencontre au Recantou vous avez fait un sacré bout de chemin ! Du Grau d’Agde à Capetown, par des chemins d’écoliers, çà fait une drôle de balade. Chapeau pour la formidable volonté qui vous a fait vivre cette aventure quisera sans doute inoubliable..
    Bon retour vers l’Europe et la Belgique et peut-être nous reverrons nous un jour … au Grau d’Agde par exemple. Saluez Hugo de notre part.

  2. Euh ! Benoît parle de ménage rue du Trichon. Moi, j’ai entendu parler de « déstockage en masse » ! Mais pas de panique, il ne vide pas la maison hein, juste ce qu’ils ont stocké pendant 10 mois…
    Béné, si tu as besoin d’aide pour remonter les lits et déballer les caisses, tu peux compter sur nous ! (oh, ça pue le retour au bercail cette phrase… au fond, ça va me manquer moi de ne plus avoir le blog des 7àvivre en fond d’écran, à guetter les news, les âneries de mon frangin JS, les mystérieuses interventions d’IMNNGL, les commentaires de l’un et de l’autre,…)
    Bon et cette suite d’histoire crévindiou ! Je ne parviens plus à bosser moi !

  3. Vous en mettez du temps pour reconstruire ces berges nom d’une pipe en bois!!!!!

    Peut-être auriez-vous perdu moins de temps à faire ce long détour finalement.

    Bha! Sans doute seriez-vous passés à côté d’un super projet humanitaire…

    J’espère que tout se passe (?), s’est passé(?) ou se passera(?) comme il faut…

    J’veux pas vous stresser, mais ça urge maintenant! Et là, je ne parle plus pour nous.

    Bisous,

    Que votre route reste belle et la plus sereine possible.

    IMNNGL

  4. Vite la suite ! Je n’en peux plus de ce suspens. Et une fois de plus, bravo pour les photos. Magnifique. Pour le reste, RAS. Tout va bien rue du Trichon. J’ai même vu vos locataires faire le ménage… Tout est prêt pour votre retour.

  5. Tout à fait d’accord avec Steph et quand on voit la vidéo de Jean-Philippe, on a de quoi se poser des questions!!!
    Mais ce n’est quand-même pas des ponts sous eaux qui vont vous effrayer!
    Bisous et on se réjouit de vous revoir.
    Caroline

  6. Déjà deux jours que vous nous laissé dans le flou le plus total ! Et la suite de l’histoire alors ? Si vous avez testé la traversée avec votre bolide amphibien, on veut une vidéo !
    Ah, vos récits sont toujours aussi parlants et puis ce petit côté défi vous colle si bien à la peau. Décidément, vous nous tiendrez en haleine jusqu’à la fin de votre aventure.

    1000km à faire encore d’ici le 29, ça semble faisable pour nous mais bon, si vous devez commencer à reconstruire les berges des cours d’eau que vous comptez traverser avec votre roulotte, je comprends mieux votre inquiétude. En tous les cas, si vous vous adonnez à ce genre de travaux avec succès, y de quoi faire ici en Belgique en matière de ponts et chaussées. Si Laurent ne supporte plus le port de la cravate à son retour, il pourra se reconvertir et devenir « un volant » des réparations dans l’heure.
    Encore quelques fois dormir et on pourra vous voir en vrai !
    Bonne route,
    Stèph et la bande à Basile

  7. Les « posts » s’accélèrent, et c’est super d’autant qu’après 9 mois, ils nous font toujours autant rêver. Rien à ajouter.

    Si ce n’est pour ceux qui veulent, une video du passage du fameux pont. 😉
    http://www.youtube.com/watch?v=AsERM8NL_to

    Bonne « dernière ligne droite » (ben oui, en Namibie, ils connaissent).

    Qui parie que Laurent va rentrer avec le camion par la côte Ouest maintenant qu’il sait que c’est faisable ? (on a une super adresse au Sénégal).

    JPhi

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