Archives par mot-clé : Afrique

Au détour d’une piste …

Depuis quelques temps, nous avions pris l’habitude de rouler sur du « Tarmac », qui pouvait être d’état très variable. Lorsqu’il est en bon état, la vitesse des usagers augmente et « paf, c’est bien souvent l’embardée ! ». Nous en avons subit les frais à deux reprises : le 1er avril dans un bananier (pour ceux qui se rappellent, avec l’histoire du 38 tonnes … 🙂 ) et plus tard, sur un dos d’âne non signalé où tous les enfants ont décollé dans la cellule et dont Hubert a mis plusieurs semaines à se remettre. C’est comme ça que nous avions décrit une route de Tanzanie où nous avions vu plus d’une dizaine de camions dans le fossé sur moins de 500 km !

Une fois la frontière avec la Zambie passée (deux heures de discussion pour économiser 10.000 Kwacha, à vous de découvrir la valeur de notre gain), nous décidons de rejoindre le parc national de South Luangwa, un must en Zambie. Bon, pour y aller, il a fallu prendre une piste pas trop mauvaise (au début) de quoi retrouver enfin des populations moins habituées aux Shoprite ou Nakumat (supermarchés sud africains qui fleurissent depuis Nairobi et où nous avons redécouvert une sorte d’abondance à l’occidentale). Six heures, 150km, pour reprendre l’habitude de piloter le camion entre les nombreux trous, de jouer au bon samaritain en sortant une voiture du fossé. On sait maintenant que notre brave camion (Un « IVECO MAGIRUS ! », comme diraient les enfants) est plus fort que deux bœufs (on ne sait pas combien de chevaux ça fait …).

Dans tous ces petits villages, on n’arrive même plus à trouver de carte de recharge pour le téléphone, mais tout de même un peu de nourriture : un chou, des tomates (une constante sur notre voyage), des haricots et des chenilles que Béné se fera un plaisir de nous griller pour l’apéro. Un vrai délice !

Arrivés à South Luangwa, les Chamaco’s , nos petits suisses et deux couples d’allemands nous attendent sur le bord du Luangwa, rivière peuplée de crocos, hippos et babouins. Le soir, les hippos et éléphants se promènent, parait-il, généralement autour des véhicules … on n’a pas dormi de la nuit … tout entendu, mais rien vu du tout ! Chouette destination après une journée de piste éprouvante … y a même la piscine (le fleuve étant déconseillé pour la baignade).

Lendemain et surlendemain, visite du parc avec ses éléphants, crocodiles, hippopotames, varans, cobes, zèbres, gazelles, girafes, babouins, phacochères, mais toujours pas de félins (difficiles à voir ceux là en Afrique!!!).  Nous avons néanmoins pu perfectionner notre conduite sur piste, marécages asséchés, marche arrières dans les feuillus et pistes trop étroites :  un vrai sentiment de liberté dans ces grands espaces.

 

De South Luangwa, en direction de Lusaka, deux options s’offrent à nous : reprendre la piste (150km, 6 heures) et ensuite la nationale (170km) en destination de Lusaka via Petauké ou prendre une autre piste menant directement à Petauké (177km) et longeant le parc national sur pas loin de 80km. Les infos sur cette piste : 10 heures, pas facile, « serré » sur les 100 premiers km, ensuite : « ça va ». Info donnée par SMS à nos petits suisses par les allemands qui ont effectué le parcours deux jours avant. On sent que ça ne va pas être facile, mais longer le parc sur 80 km nous tente et puis … on sait que c’est faisable. Conseil de famille, que faisons-nous ? Nous sommes tous un peu en manque d’aventure et on décide d’une seule voix de prendre la piste (parcours en solitaire, sans assistance, mais sachant tout de même que Fränzi et Gerry l’emprunteront un peu après nous).

La piste, nous la prenons, après 15km, on appelle Fränzi et lui annonçons fièrement, pas difficile, paysages magnifiques et en plus, on voit plein d’animaux. La piste est un peu technique, nombreux franchissements de rivières (tous secs).  Il n’y a plus aucun pont debout (ça doit être terrible en saison des pluies, mais pour le moment, c’est la saison sèche. Un vrai régal donc !). C’est alors que les communications GSM s’arrêteront (plus de réseau, mais bon normal quand on est au milieu de nulle part), que la piste deviendra plus « serrée », que les arbres deviennent trop bas. La progression à la machette s’impose : hé oui, en Land Rover, ça passe, mais en camion, c’est un peu plus difficile. Laurent s’arrête, part en éclaireur pour voir comment la suite se présente. Couper un arbre tous les 10 mètres sur les 80 km qu’il nous reste avant d’atteindre la partie « ça va » nous semblait mission légèrement éreintante. Heureusement, il n’y avait que 500 mètres à défricher et une rivière à passer avec deux angles droits à négocier. En passant la rivière lors du repérage, Laurent a juste fait fuir un varan, petite bête d’un peu plus d’un mètre, qui se reposait paisiblement (il a cru que c’était un croco, mais comme dit Béné et Hubert, ce n’est pas possible car les crocos ne vivent pas sans eau). Un peu plus loin, Hubert, Augustin et Guilhem se retrouvent face à des éléphants qui se baladent gentiment dans le lit d’une des nombreuses rivières asséchées.

C’est à ce moment que nous rencontrons pour la première fois un autre véhicule sur le parcours. On en profite pour demander à un blanc qui vit dans le coin depuis plus de 20 ans, comment se profile la suite de la piste en destination de Petauké. Il nous dit que ça va être de pire en pire et : « You’ll not made it ». Bon, on argumente en disant que deux autres véhicules l’ont empruntée il y a peu de temps. Il nous répond alors : « Ha bon, ça augmente un tout petit peu vos chances de réussite ». Nous voilà donc rassurés. Les km avancent, on arrive à un premier village. Nous nous arrêtons juste après pour passer la nuit. Nous avons déjà parcouru 40km en 6 heures. D’après les infos, il nous en reste 60 assez éprouvants. Infos que nous ne pourrons croiser car les rares véhicules que nous rencontrons n’ont pas encore fait la piste jusqu’au bout cette année …

Le lendemain, nous repartons confiants car nous avons entendu que chaque année, un camion (un truc encombrant comme notre IVECO Magirus) effectue le trajet suite à la récolte du coton (qui d’après nos observations arrive à maturité). Les 40 premiers km se passent sans trop de difficultés, avec leurs passages de rivière, arbres à couper, … on arrive à la fin du parc et là, une bifurcation : à droite la piste en cul de sac pour atteindre le bout du parc, à gauche celle vers Petauké. On pense que tout va s’arranger. Mais non, cata, c’est là que tout commence : la piste de Petauké est en fait composée de deux segments et d’une partie centrale peu fréquentée et pas fréquentée du tout en saison des pluies, partie sur laquelle nous venons d’arriver. L’herbe a envahi la piste, les parties les plus pentues (juste avant les franchissements de rivière) ont été transformées en rivière lors de la saison des pluies et ne sont plus vraiment carrossables. Résultat, beaucoup de stress, allons-nous devoir faire demi-tour après 12 heures de piste et si près du but ? Nous prenons notre courage à deux mains et remblayons les ornières trop profondes. Laurent fait évacuer le camion aux moments délicats, mais ça passe malgré les quelques frayeurs ! Cool ! La piste devient meilleure, elle a même été quelque peu rafistolée par les habitants pour le passage du fameux camion récoltant le coton, nous soufflons : « on va y arriver ! ». Rencontres avec des gens qui ne voient jamais la « civilisation », mais adorables et toujours prêts à rendre service. Ils montent sur le camion avec leur machette pour nous aider lorsque les arbres sont trop bas, cherchent des déviations à travers tout si vraiment le baobab ne peut être coupé, guident Laurent minutieusement sur les quelques ponts partiellement entiers … en fait des camions sur cette piste, ils n’en voient pas et le nôtre leur semble tout de même un peu lourd. Dernière frayeur : la piste se transforme en lac … allons nous nous enliser vu notre poids …, on ne voit pas la fin de l’eau, … non, ça passe.

Maintenant, que la piste semble acceptable, ce sont les arbres qui s’y mettent. On en a découvert de superbes sur lesquels pendent des espèces d’haricots à poils jaunes de 8 cm de long et 2 cm de diamètre. En fait, il ne faut surtout pas les toucher. En les touchant, même avec le camion (ce que nous ne pouvons éviter), une espèce de pollen est dégagée et nous donne de terribles démangeaisons. On se gratte, les enfants hurlent, se contorsionnent dans tous les sens … c’est vraiment terrible ! En plus, nous n’arrivions pas à identifier l’espèce responsable de nos malheurs.

Bon, on vous rassure, on y arrive au bout de cette piste… pour nous, il nous aura fallu 16 heures, pas toutes faciles, mais quel bonheur d’y arriver ! Gerry et Fränzi nous diront : quel dommage que nous ne l’ayons pas faite ensemble, on aurait pu faire de beaux films et de belles photos !

Nous sommes fiers d’avoir retrouvé ce que nous étions, peut être, venus chercher en Afrique : des gens, des pistes, des animaux, des paysages, … peut être encore préservés et en tout cas hors des sentiers battus. Nous y aurons laissé une vitre, le néon, beaucoup de sueur et les soudures de la cabine qui nous gênent depuis quelques temps … mais bon, le tout a été réparé en moins de deux jours tout en continuant notre belle aventure !

C’est à vivre !

P.S.1.  Heureux anniversaire à Eric

P.S.2. Nous vendons notre camion.  Libre à partir de fin juin en Afrique du Sud.  Faire offre. Pour nous contacter : rubrique « nous contacter« 

Les sourires du Malawi

Quitter les amis après ces deux semaines magiques, nous ont un peu mis chaos. En effet, depuis bien longtemps, les enfants ont imaginé le voyage idéal, un voyage comme celui-ci mais avec, en plus, d’autres familles de copains pour partager cette belle aventure. Cette fois, c’est Augustin le plus affecté, il en tombe même malade. Nous avons tout  tenté pour lui remonter le moral, même un Quick local, rien à faire, la fièvre monte. Nous retournons pour la nuit à Mikadi beach , et là surprise, nous retrouvons les Chamaco’s et les petits suisses. Une fois de plus nos plans changent et nous abandonnons les plages du Mozambique pour celles du lac Malawi. C’est donc en compagnie des Chamaco’s que nous mettons le cap sur le Malawi. Il nous faudra quelques jours pour traverser la Tanzanie. Depuis notre arrivée en Afrique, nous croisons régulièrement des contrôles de police. A notre grande surprise, ceux–ci ne sont que formalité, un petit geste de la main en signe de salutation suffit et la barrière s’ouvre. Quelques fois, ils nous questionnent un peu : d’où venez-vous, où allez-vous, 5 enfants ce n’est pas possible pour des blancs, …mais jamais ils ne nous demandent nos papiers ou de l’argent. Et puis ce contrôle, Béné n’a pas sa ceinture et on nous dresse un pv, Laurent n’est pas d’accord à la vue de tous ces camions chargés de sacs et d’une dizaine de personnes couchées et entassées par-dessus. Cela discute un peu, Laurent s’assied, on a le temps. Après un quart d’heure, cela se débloque et nous poursuivons notre route. Dix km plus loin, un autre contrôle, nous avons tous notre ceinture cette fois mais l’agent fait du zèle et contrôle tout le camion, les phares, les clignotants, les essuie-glaces, l’eau dans le lave-glace, … tout y passe, un éclat dans le pare-brise est finalement trouvé : « vous allez payer » … cette fois Laurent avait la parade :  » nous avons passé 3 jours à Dar et aucun pare brise disponible  » … il est obligé de nous laisser repartir, nous esquissons un petit sourire. La route serpente et nous laisse rêveur, il y a de plus en plus de carcasses de camion dans les fossés.  Cette route de Tanzanie nous semble la plus dangereuse de toutes celles que nous avons vues pour le moment en Afrique.  Nous traversons la magnifique vallée des baobabs dans une fabuleuse lumière d’une journée qui s’achève. Franzi et Gerry nous renseignent les bonnes adresses et nous rejoignent de temps à autre dans ces lieux magiques, perdus dans une nature calme et sereine. Ce sont les nuits qui sont les plus spectaculaires, sans aucune lumière extérieure, nous sommes inondés d’étoiles. Un dernier arrêt en Tanzanie, dans le village de Metema, semble idéal pour découvrir les eaux douces du lac de Malawi. 

Une piste au milieu des cacaoyers nous conduit jusqu’au bord de l’eau. Celle-ci nous attire, mais ici on parle de bilharziose et l’idée d’avoir des petits vers se développant dans notre corps, nous repousse un peu. Les deux Laurent n’hésitent pas trop longtemps, influencés par leur enthousiasme nous sauterons tous dans les vagues. Quelle étrange sensation, cette eau ne pique pas les yeux n’est pas salée en bouche, avoisine les 28°, un vrai bonheur.

Nous passons alors la frontière avec le Malawi. Là aussi que du bonheur, la première frontière en Afrique où les visas sont gratuits pour nous. Imaginez-vous la mine détendue et réjouie de Laurent, surtout lorsqu’il a réussi a éviter la taxe de circulation. Le Malawi nous offre donc une entrée toute en douceur dans le pays tout comme ses habitants nous offrent leur accueil et leur sourire.

On nous invite à traverser sur un vieux pont de 1904. Cela ressemble à tous ces nouveaux parcs aventure qui fleurissent en Europe, ou encore des organisation du tonnerre comme Terre de Feu :-), une petite traversée de rivière sur un vieux pont suspendu et tressé de bambous. Un vrai jeu d’enfants pour certains, cela semble plus impressionnant pour d’autres (on ne citera pas de nom).

Mais revenons à ce lac, long de 800 km, il abrite en ses eaux la plupart des poissons que nous trouvons dans nos aquarium, cadre idéal donc pour s’initier à la plongée en bouteille.

Nous aimons déambuler dans les villages, passer la porte de chaque boutique à la recherche de pain, de boissons fraiches, de cartes de téléphone, parfois de bouteille de vin (non, Laurent n’a pas prévu de cave dans le camion), de fruits et de légumes, …des sucettes pour les enfants, ….

Notre passage attire les enfants qui nous accompagnent comme un cortège. Les plus audacieux, nous prendront la main ou nous offriront des fleurs. Un simple petit bisou (de Béné, on peut comprendre) en remerciement les fait sauter de joie.

Et puis il y a, dans chaque pays, la capitale avec son développement économique, ses centres commerciaux où nous retrouvons pour quelques heures nos habitudes européennes et en sortons avec un caddy bien rempli. Lilongwe est un peu différente, elle semble perdue dans la nature, n’ayant aucun bâtiment plus haut que la cime des arbres. Il y a aussi les rencontres avec les expatriés, leur vie quotidienne, leur version, leurs connaissances du pays, et toujours de très bonnes discussions autour d’un magnifique repas. Un tout grand merci à Violaine et Thierry pour leur accueil dans leur maison toute de charme, de beauté et de sérénité, leur disponibilité et leur patience avec nos 5 filous. La frontière avec la Zambie se profile déjà à l’horizon. Nous quittons ce petit pays au charme fou. Un des pays les plus pauvres d’Afrique (un pouvoir d’achat annuel de 650 dollars juste pour vous faire une idée, on vous laisse imaginer celui en Belgique) et pourtant si souriant.

 

PS 1 : Pour remettre un peu d’ordre dans nos articles. Pour rappel, Philippe, Nadine, Charlotte et Alexandre, sont venus nous rejoindre en Tanzanie pour les vacances de Pâques. (Merci encore pour ce beau cadeau et pour votre envie de partager, pour un temps, notre aventure). Après quelques jours à Zanzibar , nous nous sommes enfoncés au cœur de la Tanzanie, en direction du parc de Mikumi ( pour y observer les animaux) et le parc d’Udzungua (cascades et randonnée en forêt). Nous leur avons alors proposé d’écrire leur version. Chose qu’ils ont magnifiquement réalisée. Leur récit nous a fait sourire mais avec néanmoins beaucoup d’émotions. Entre temps, Patrick nous a pondu un texte incroyable avec tellement de détails et de vraisemblances qu’on l’a publié et illustré. Mais ce n’était qu’une fiction.    (Merci à lui pour ces bons moments de lecture).  Merci aussi à Jean Séb pour sa version moins plausible, mais tout aussi agréable à lire …

PS 2 : Notre accident de camion et notre retour prématuré en Belgique n’était qu’un poisson d’avril.  Nous reçevons encore régulièrement des mails de compassion … 🙂

PS 3 : Pour les communions, en plus de celles de nos filleuls (Maud et Oscar), de nos amis, nous aurions aussi du composer avec celle de Guilhem.  Nous avons donc préféré nous expatrier pour éviter ce gros conflit 🙂

PS 4 : Heureux anniversaire à Sébastien et Gaëtan (un peu en retard), Alix, Xavier (le grand saut) et Loïc.

Essai des touristes apprentis voyageurs

Nous n’avions rien à vous dire, plutôt tout à vous taire mais bon, vous semblez insister … alors voilà, toute la vérité, rien que la vérité, … sur ces quelques jours avec les septavivre (parce que oui, ils ne s’appellent plus les Claes mais THE Septavivre.be : don’t you know this fabulous website with over one million visitors per day ???)

Voir Zanzibar et puis mourir … Zanzibar, un monde à part, tout en beauté, chaleur, couleurs, saveurs, confinant au sublime l’aspect insulaire de l’Afrique équatoriale et multi culturelle.

Mais Stone Town s’éloigne déjà… A vive allure, un bateau express nous mène vers de nouvelles aventures, de nouvelles découvertes … Philippe dit qu’il fait vraiment trop chaud, qu’il a mal aux pieds et qu’il est temps de prendre un bon apéro ! Des bouteilles apparaissent, se multiplient, se vident, se partagent entre les voyageurs Septavivre (enfin, Laurent), les Chamacos, les p’tits Suisses (Franzi et Gery, wirklich nett und freundlich, Ohne AWEX Praktikum ;-)), Philippe (qui, à la huitième bouteille, n’a plus mal aux pieds), enfin … autant de spectateurs pour un match de volley endiablé, mené avec un dynamisme et une créativité incroyables par des joueurs locaux (le volley ne serait pas vraiment amusant en se limitant aux manchettes et passes hautes, il faut donc y ajouter toutes les parties du corps (mmh, mmh) capables de frapper la balle … et une fameuse dose de fair play et de convivialité.  Voilà que nos enfants se retrouvent à jouer avec ces athlètes locaux… captivant ! Pendant ces agapes vineuses et sportives, Nadine et Charlotte savourent le coucher de soleil sur l’océan indien, spectacle inlassable et Bénédicte travaille ! Eh oui, il faut bien que quelqu’un alimente ce fabulous website !

Le lendemain matin, Béné nous lance un premier défi : chasser la souris ! Eh oui, ce petit mais effrayant gibier avait décidé de prendre ses quartiers dans le camion, grignoté des biscuits, impacté des vêtements … heureusement pas touché aux bouteilles ! Nous vidons donc le camion et, après ce branle-bas de combat général digne d’une fouille en règle aux douanes, nous estimons que nous avions bien mérité un p’tit apéro … et décidons de vider les bouteilles épargnées par la souris.

Le lendemain, 5h08 : Salaaaaa ! aïe aïe aïe … appel du Muezzin, Philippe a mal aux cheveux et … aux pieds.  6h : cap sur Mikumi, eh oui, Dar es Salaam a aussi son carrefour Leonard à éviter en partant tôt…. Cinq pleins de diesel, une crevaison, deux réparations de pneus et 280 km plus tard, nous arrivons à la tombée du jour aux portes de Mikumi, le quatrième plus grand parc de Tanzanie, présenté comme le petit Serengeti du sud (enfin, tout cela vous le savez, Patrick vous l’a déjà expliqué).

Après une nuit sous la pluie au Swiss camp, vraiment tenu par un Suisse allemand, nous pensons nous mettre en route, ne nous doutant pas que la pluie avait sensiblement fragilisé le chemin du camping… Ah, Ah, …  Après à peine 30m, voilà le camion embourbé jusqu’aux moyeux, penchant et glissant …Même le flegme et la confiance imperturbables de Laurent commencent à être menacés : « Là, on est mal, et je ne vois pas la solution… Là, on est mal, et je ne vois pas la solution… Là, on est mal, et je ne vois pas la solution… »  Glourps, je prendrai bien un p’tit fendant moi …  Heureusement, les employés du Swiss camp ont fait preuve de créativité et de courage pour nous sortir de là, à force de coups de pelle et de rondins disposés sous le camion pour le sortir des ornières mètre par mètre. Une fois tirés d’affaire, on décide de se la jouer « prudente » (enfin, nous faisons pression sur Laurent car nous ne sommes que de pôvres touristes et pas d’invincibles voyageurs), et on engage un guide et sa Land Rover panoramique pour la visite du parc, d’autant que, malgré les essais de Laurent auprès du n°2 des parcs nationaux, pas moyen de faire baisser le prix d’accès du camion: 300$ par jour, contre 30$ pour une voiture… Nous voilà ENFIN dans « Le Roi Lion » : impalas, buffles, hippos, chacals, marabouts, lionnes, lionceau, … « Chuuuuuut SILENCE, Simba watakula yetu ! (ndlr : les lions vont nous bouffer) » … Petit stress, le guide est terrorisé car devant ce spectacle (fabulous) les plus petits ne contiennent pas leur joie ! Nous avons à peine le temps de respirer que rebelote (au fait, c’est quand l’apéro ? parce que j’ai pas mal aux pieds mais je commence à avoir mal au cœur), c’est au vieux mâle éléphant solitaire à qui l’on a dit non la veille, que nous avons affaire … Le voilà qui bat des oreilles (toujours très très très grandes en Afrique), gratouille le sol, range sa trompe (Enooorme aussi), dresse ses défenses et … nous charge ! Heureusement, le guépard est resté caché ! Sortis tous les onze bien vivants du parc, nous avons fêté cela autour de quelques bouteilles 😉 avant de prendre la route pour Udzungwa, présenté comme les Galapagos d’Afrique : 500 mètres de dénivelé qui nécessitent pour Philippe de présenter ses douloureux pieds au médecin local.  Une extraction d’épine d’oursin plus tard, nous voici au cœur d’une véritable forêt équatoriale luxuriante.  Les tee-shirts trempés, nous pouvons alors admirer des chutes de 170m de haut se déversant face à une immense plaine de cultures de maïs !

Ce pays est magnifique mais un avion nous attend.  Il faut entamer le retour vers Dar ! Tout en roulant, on épluche les guides, à la recherche d’un bon resto, histoire de terminer ce voyage en beauté : Mediterraneo semble tentant, nous y voilà, vers 21h, pour y savourer une cuisine italienne digne des meilleures tables! Apres une petite cau-cause, Laurent nous révèle qu’une chambre est encore disponible : trop tentant, on y reste pour la nuit, n’ayant plus le courage de retraverser Dar à minuit ! Pas de souci : cet hôtel-restaurant est superbe !

Vue sur l’océan, jardins privatifs soignés, pizzas come a casa, piscine juste parfaite, transats moelleux comme des marshmallows (Nadine y a piqué un petit somme tranquille, bercée par le ressac de l’océan, à l’ombre de la barza…). Le temps avance, le départ aussi, après quelques heures à profiter de cet hôtel et de ses trésors, encore un petit tour rapide dans le quartier des artisans, récolter quelques souvenirs, et nous voici à l’aéroport : pas trop de commentaires sur les états d’âme … Courageusement, « quand il faut y aller, il faut y aller » … Nous laissons derrière nous, sans un regard (mais le cœur serré) nos amis à la poursuite de leur épopée. Etait-ce un rêve, ou y étions-nous vraiment ? C’était un rêve, et nous y étions vraiment ! Merci à Béné, Laurent, Hubert, Augustin, Guilhem, Isaline, Aymeric pour ces deux semaines de partage et d’aventures.

Durant 14 jours, nous avons partagé la vie (et les apéros) des septavivre.be (the fabulous, incredible website), nous avons compris la différence essentielle entre voyageurs et … touristes!

La Tanzanie, l’Afrique est magnifique ! Les rencontres humaines y sont belles, simples, … ce voyage nous a chamboulés … au retour, des étoiles plein les yeux pour Charlotte et Alexandre, une semaine d’hôpital pour Philippe (qui finalement avait vraiment mal aux pieds), 15 jours de sommeil pour Nadine, pour continuer à rêver !

Bon vent, chers amis ! Vous nous manquez déjà !
Charlotte, Alexandre, Philippe & Nadine

… Au revoir Zanzibar, une autre semaine nous attend en Tanzanie.

Concernant le PS 5 : Si un des vacanciers souhaite publier sur la seconde semaine en Tanzanie, avec grand plaisir ! voici une petit essai…

PS6 : ceci est un appel à d’autres essais….

«Quelle ne fut pas notre surprise de retrouver à bord, les Chamacos – eux aussi au retour de leurs vacances sur Zanzibar. Rigolez rigolez, c’est pas tous les jours facile, même en Afrique. Entre les séances d’écoles (ne rigolez pas SVP) les réparations au camion, le ménage normal (bon – ça n’est pas ce qu’il y a de plus lourd : passer 18m² au balai prends moins de temps que d’astiquer 250m² de maison… ) faire les courses, préparer à manger pour nous 7 + les guides, plus les touristes en visite, plus le chef du village, les 4 douaniers égyptiens qu’on a toujours pris en otage pour récupérer notre mise la-bas, et les 14 copains qui sont venus jouer avec les enfants, les comptes pour la fabrique d’église St Vincent (non pas -et-Grenadine, St Vincent sur-le-Nil…) et quelques autres bricoles, il ne nous reste pas trop de temps pour nous. Alors après plus de 6 mois de voyage intensif, il était urgent qu’on prenne quelques vacances non ? ? ? ?

Bref, de retour sur terre, enfin sur terre ferme, nous reprenons possession de notre Posseïdon à 4 roues, on entend des Chamaco que leur camion a quelques soucis. Pas de soucis sans solutions, 2-3 heures de bricolage sous le capot, et voila le problème résolu, juste à temps que pour fêter l’anniversaire de 10 ans de Corentin de chez les Chamacos.

Béné est arrivé à faire de moelleux au chocolats avec… ben … on sait pas trop avec quoi, mais elle y est arrivée… Mais le top of ze top, c’est que Phil a sorti quelque bonnes bouteilles de son sac… Une toute toute bonne soirée. Bon anniversaire Corentin !!!

Ceci dit, après une route sans soucis, nous nous sommes retrouvé à l’entrée du parc Ruaha. Ruaha est le petit Serengeti, le secret le mieux gardé de Tanzanie, un sanctuaire franchement inespéré des big 5… juste à temps pour un bivouac dans une poche de désert. Le grand jeu c’est de faire un feu de joie ‘in the middle of nowhere’ d’y griller des légumes trouvés sur le marché la veille, et quelques maigres pignons de poulet… Le bonheur absolu, c’st que les enfants préparent le dîner tous seuls. juste le temps de vider les fonds de bouteilles de Phil.

Miracle ou préméditation, c’est la que nous rejoignent les petits Suisses… Juste à temps pour récupérer un petit paquet envoyé par leurs parents… du chocolat soigneusement maintenu au frais par quelques miraculeuses astuces, du fromage même pas encore fondu, et quelques autres bricoles dont on ne fera pas mention. En tout cas, merci papa et maman petit Suisses, le fromage et le chocolat étaient vraiment parfaits avec la toute toute dernière bouteille de Phil (a vrai dire, je me demande ou il a encore réussi a caser leurs brosses a dents, Nadine et Phil, avec tout ce qu’ils ont embarqué de magnifique…)

A l’entrée de Ruaha, grands débats car ils essayaient de nous over-taxer pour l’entrée des camions et autres 4×4, pour finir il n’y a que une bonne solution : d’abord bloquer l’entrée avec le camion Chamaco, la sortie avec le 4×4 des petits Suisses, prévenir les ambassades Suisses, Françaises, Belges, Congolaises, et Ougandaises, puis aussi Prosper, on ne sait jamais. Ensuite tout le monde sur le toit du truc 7àV… pendant que Laurent va faire cau-cause…

5 heures plus tard on repart avec 3 gardiens attitrés, et un pass valable pour toute la semaine, ainsi que un VIP ticket pour le lodge qui se trouve en plein millieu de la réserve pour toute la semaine. 75 EUR quand même… pour tout le groupe… Et encore, Laurent à laissé 5 EUR de Bakchich dans l’affaire. (NDMR Peut faire mieux Laurent quand même…Chiche pour la prochaine fois)

Bon c’est vrai que pour y arriver , on était nous 7 + les 4 Nuyts + les 5 Chamacos + les 2 petits Suisses, + les 3 gardiens soit 21, mais le camion est quand même assez grand non ? En tout cas, heureusement que Béné avait chassé 21 touracos et pourra nous préparer (à défaut de cailles) des touracos farcis au lait de rhinocéros caillé et aux fruits de baobab… (même pas difficile, on a quand même 2 poêles et même une plaque électrique alimentés par les panneaux PV sur lesquels sont assis les 3 gardes…

Sinon Ruaha, parfait, on a bien vu au moins 8 des big 5 et le Ruaha Lodge était un merveilleux point de chute. Petit soucis toutefois : les gardes ronflent comme des éléphants (enfin – les éléphants on ne les a pas entendus ronfler…) et en plus les piqures d’oursins et / ou de moustiques de Zanzibar commencent à avoir des effets dévastateurs sur les pieds de Phil, de Laurent, et un peu de tout le monde. #besoindevacances…

Le retour sur Dar es Salaam se fait sans soucis et on passe encore une dernière journée avec les Nuyt avant de les déposer à l’aéroport. Miracle, on arrive à temps. Même sans se dépêcher… Fin des vacances, grand bain pour tout le monde. Y compris les ongles, shampoing et les oreilles. Tout le monde est même passé chez le coup tif… Grande lessive…

Le soir du départ des Nuyt, gros petit coup de blues quand même. Quel plaisir on a eu de retrouver nos amis. Et plus que pareil bpour les enfants. Le plaisir semblait largement partagé toutefois. Tout doucement on commence à penser à notre retour… un peu et puis on oublie. Comment et quand, tous ensemble ? en avion ? en camion ? d’abord les enfants ? puis nous après un petit dernier refill d’émotions, question de pouvoir cocher l’Afrique pour de bon ? On continue un an de plus jusqu’en Amérique du Sud ? … Pas de réponses pour l’instant.

Ce qu’on est sur c’est qu’on vit une expérience extra et qu’elle doit se terminer en apothéose !!!

Bon anniversaire à tous ceux qu’on a oublié, et surtout, continuez à commenter sur le blog … toujours cool de vous lire. »

Bon voyage à vous tous et j’espère un jour lire la vraie version – toujours un petit phénomène ici quand ‘il y a un nouvel article sur 7àV !’ Je tiens à remarquer que tout ceci est de la fiction et toute ressemblance n’est que fortuite et l’auteur de cet article ne peut pas être tenu responsable…

Patrick

PS 7 : Tiens tiens revoilà IMNNGL ! Ça faisait longtemps…

PS 8 : Au plaisir de lire les autres versions de cette semaine Tanzanienne ?

15 jours de vacances en Tanzanie

Même si le titre fait sourire, on se permet de l’écrire 🙂 et puis, les vacances, ce ne sont pas les nôtres, mais celles de nos amis !

Nous vous avions laissés après le Congo, après de magnifiques moments au parc des Virungas sur le volcan et en présence des Gorilles.

Retour à Kampala pour un petit week-end plutôt sportif, supporters de matchs de basket, jogging de 5 ou 10 km, quelques brasses et plongeons en plein air, quelques petites réparations ou entretiens pour le camion (Merci à Patrick !) et accessoirement récupérer notre nouveau Carnet de Passage en Douane, égaré entre l’Éthiopie et le Kenya.  Et toujours le même accueil extraordinaire des cousins ! Mais déjà un autre rendez-vous nous attend : chaque jour Augustin nous harcèle et insiste pour qu’on roule presque nuit et jour pour ne pas arriver en retard à Dar-Es-Salam (un petit 1800 km à boucler en 4 jours). En effet, des amis ont décidé de faire le voyage et de nous rejoindre pour 15 jours en Tanzanie défiant la saison des pluies ! Quel cadeau …et de plus leurs valises étaient remplies de présents de Belgique. Ce fut pour nous une troisième fois Noël (cette fois-ci à Pâques). Un tout grand merci pour toutes ces attentions et ces cadeaux. (Nous ne changeons pas, même ici, nous sommes arrivés en retard à l’aéroport).

Nous nous retrouvons sur une plage à Dar au bord de l’océan indien. De là, nous embarquons pour quelques jours sur l’île de Zanzibar. Nous sommes dans un autre monde. On se laisse vivre, portés par le vent de l’océan, les odeurs, la douceur du soleil (et parfois aussi par la pluie). Nous sommes fascinés par les couleurs de l’océan, par les boutres de pêcheurs voguant au loin et la douceur du temps, par la beauté des fonds marins et les bonds des dauphins que nous tentons d’approcher, sans parler des saveurs et des mets que nous dégustons au resto, sur la plage ou dans la rue. Nous sommes comme dans un rêve. Comme dit Nadine, voir Zanzibar et puis mourir. Tout est parfait, si ce n’est ces mouches qui nous envahissent au petit déjeuner et ces moustiques qui s’acharnent sur nous chaque nuit malgré les moustiquaires et la « raquette tue tout » super efficace. Des piqûres (pour certains par dizaine) qui s’infectent. Laurent et principalement Philippe en garderont un souvenir un peu amer à la vue de leurs pieds gonflés comme des ballons de foot. Certains hôtels sont des petits paradis, on vous recommande tout particulièrement l’hôtel Oasis dans le sud de Zanzibar (on vous laisse juger par vous-même). Mais nous ne pouvions pas quitter Zanzibar sans nous perdre dans les petites ruelles étroites de Stone Town et longer ces maisons de style arabe aux magnifiques portes en bois sculptées et hérissées de clous de cuivre, sans observer ces hommes en Kanzu (robes blanches) et coiffés d’une Kofia (calotte) bavardant et jouant au bao, sans déambuler entre les étales du marché et tester tantôt des fruits de baobabs enrobés de sucre, tantôt des poulpes grillés, ou encore des Samosas et autre spécialités. Au total 4 jours de plaisir et de bonheur sur une île magnifique. Nadine et Bénédicte essayeront et espèreront en secret rater le bateau mais celui-ci nous attendra plus d’un quart d’heure avant de démarrer.  Au revoir Zanzibar, une autre semaine nous attend en Tanzanie.

PS 1 :     Vas-y Anton, montre leur tout ce que tu connais. On pense à toi et t’envoyons plein de courage.  Océane continue à développer ton style et ton imagination dans tous tes projets d’art. Florence profite à fond de tes copines et copains.  Et Jules, Augustin et Hubert seront contents de te revoir cet été en Belgique.  Bernard et Joëlle, merci pour tout et on espère déjà pouvoir vous inviter en Belgique. On attend avec impatience votre prochaine destination car maintenant, « on a fait Kampala » !

PS 2 :  Merci à tous ceux qui nous ont proposé leur aide et leur maison, mais ce n’était qu’un poisson d’avril et nous allons tous très bien ainsi que notre camion

PS 3 :  Bon anniversaire à Muriel, Jean-Philippe, Isabelle, Jonathan et Déborah, Philippe,  Stéphanie et Dimitri, Fleur et Xavier.

PS 4: Merci à tous ceux qui ont pensé à l’anniversaire de Béné !

PS 5 : Si un des vacanciers souhaite publier sur la seconde semaine en Tanzanie, avec grand plaisir !