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Une semaine au Congo

Après deux nuits devant le poste de frontière à Kisoro, des heures et des heures de palabres, de nombreux appels téléphoniques, on nous propose des visas pour le Congo à 35 $ par personne pour une semaine avec l’aval des autorités de Kinshasa.  Tout ceci n’aurait jamais été possible sans l’aide de notre curé, l’abbé Prosper, de son ami de Goma, l’abbé Louis et de monsieur Albert des douanes. Grâce à leur intervention, le prix des visas est descendu de 290 $ (240 $ +  50 $ car normalement ils n’en délivrent pas à la frontière) à 35 $ par personne. Prix nettement plus raisonnable pour nous sept. Seul problème, nous apprenons que nous devons repayer les visas pour l’Ouganda à notre retour (soit un supplément de 350 $). Cela nous semble trop cher, nous faisons demi-tour et reprenons la route aux 120 casses-vitesse. Après 50 km, grand débat dans la cabine. Nous sommes si près et nous renonçons, à Goma, la ville de Prosper, Bukavu, la ville où Bon papa a passé toute sa jeunesse, seul pays de notre voyage où les gens parlent français permettant ainsi un meilleur échange avec les enfants, … Voici une des difficultés de notre voyage : choisir. En effet, tout faire est impossible et comme nous le savons trop bien, choisir, c’est renoncer. Après un vote, nous retournons vers la frontière.

Nous entrons au Congo. Ici les routes sont encore plus mauvaises que des mauvaises pistes. 99 km sont annoncés pour Goma, nous mettrons presque toute la journée sous une pluie battante. Nous observons avec beaucoup de compassion les congolais se déplaçant en trottinette (toute de bois) chargée de choux, de canne à sucre, de gros sacs. C’est en fin de journée, que nous traversons Goma, une ville parsemée de pierres de lave du volcan Nyiragongo qui domine la ville et toujours en activité (dernière éruption en 2004).

Les maisons sont  faites de bois, un peu comme des cabanes ou des petits chalets parsemant les collines. C’est une ville très animée et remplie de commerces en tout genre.

Nous sommes accueillis par l’abbé  Louis de la paroisse Saint-Esprit. Un accueil très chaleureux et très enthousiaste.

Après la messe de très bonne heure, Isaline participe à la classe de troisième maternelle de madame Marguerite durant toute la matinée.

L’après-midi, les enfants joueront au foot, à l’élastique, … avec des enfants congolais. Ils se parlent et se comprennent, se questionnent, …

Le lendemain, nous embarquons de bonne heure pour la traversée du lac Kivu en direction de Bukavu. Nous voguons sur une eau paisible parsemée d’iles verdoyantes et de pêcheurs. On observe avec sourire les marchands de bananes ou d’oranges à bord d’une barque vendre et lancer leurs fruits vers le grand le bateau. Au loin, nous apercevons Bukavu, ses collines et ses différentes avancées dans le lac. Nous avons rendez-vous avec l’abbé Gilbert qui nous conduira jusqu’à la procure où nous pourrons loger (Nous avons laissé notre camion à Goma). Heureusement, car la DGM (Direction Générale des Migrations) nous fait des soucis, « notre visa n’est parait-il pas valable pour Bukavu ». Laurent repart dans les discussions avec le chef du chef du chef, sous l’oeil amusé de l’abbé Gilbert, avec les différentes personnes de la DGM.  Cette DGM qui aura essayé par 4 fois de nous retirer de l’argent, mais nous résistons ! 🙂

Comme dit Laurent : avec du temps et de la patience tout fini par s’arranger. Nous arrivons donc à la procure où nous recevons à nouveau un merveilleux accueil et de délicieux repas comme disent les enfants. Bukavu, nous voulions remonter un peu dans le temps car le papa de Laurent y a vécu avec ses parents, ses frères et sa sœur durant plus de dix ans. C’est, comme en suivant un jeu de piste, que nous nous sommes baladés dans la ville à la recherche des différents lieux fréquentés par la famille avant l’indépendance. En fait, cela n’a probablement pas beaucoup changé, les routes sont toujours celles de l’époque, certaines encore en bon état, d’autres nettement moins, les maisons sont pour la plupart encore debout, parfois séparées entre plusieurs familles. Seul grand changement, la densité de population et le nombre toujours croissant de constructions dans ces collines déjà bien remplies. C’est avec le plein d’images pour Bon-Papa que nous reprenons le bateau pour Goma.

Là, d’autres activités nous attendent.

Nous avons l’occasion de monter au sommet du Nyiragongo, volcan faisant partie du Parc National des Virungas. 1500 m de dénivelées que nos jambes, même les petites d’Aymeric, vont absorber lors d’une magnifique randonnée pour arriver au sommet du cratère. Le lac de lave de ce volcan toujours en activité se trouve 800 m en contre bas dans ce cratère. C’est à nouveau un spectacle merveilleux auquel nous assistons quand les nuages s’éloignent. Nous redescendons à travers les champs de lobelias avec une vue sur la ville de Goma et le lac Kivu. Les graviers de lave roulent ensuite sous nos pas nous faisant souvent déraper (très bon exercice pour les genoux de Béné). C’est à travers une forêt plus dense que nous terminons notre journée, fatigués mais des images plein les yeux.

Notre journée n’était pourtant pas finie, il nous fallait encore parcourir environ 80 km pour nous rendre à Jomba, village situé à 10 km de la frontière. Nous sommes escortés par un guide de la réserve durant toute la route et sommes accueillis tard dans la nuit par l’équipe de Faustin. C’est à 7 h du matin que nous commençons notre marche laissant les 5 enfants dans le camion sous la surveillance d’Alexis. Nous marchons une bonne heure à travers les prairies, les champs de tabac, de pommes de terre que les femmes et les enfants sont déjà en train de retourner pour rejoindre la lisière de la forêt. Cette forêt très dense dans laquelle se déplace, évolue, mange, une famille de gorilles et nous allons leur rendre visite. Comme il ne reste plus que quelques centaines d’individus éparpillés dans les forêts de l’Ouganda, du Rwanda et du Congo, ces animaux sont protégés et les enfants en-dessous de 15 ou 16 ans ne sont pas admis. Nous avons beaucoup de plaisir à les voir évoluer, manger, jouer juste sous nos yeux. Voir un  dos argenté de 200 kg se mettre debout ou marcher à 1 m de vous, le spectacle est fantastique. Encore un tout grand merci à Cai, Faustin, Emmanuel… et tous les guides du parc des Virunga pour ces 2 merveilleuses journées. Voilà notre semaine au Congo arrive déjà à sa fin, nous repassons la frontière avec l’Ouganda avec un dernier salut à Monsieur Albert. Plusieurs souvenirs resteront longtemps dans nos yeux: les trottinettes, l’état des routes et leurs péages, des gens très accueillants, les échanges des enfants en français, la vue du Nyiragongo, les mains des gorilles, les femmes et leurs tenues, la DGM un peu envahissante.

D’ici peu, nous publierons un article sur le parc des Virungas avec qui nous avons eu une très bonne collaboration.  Merci à eux !

Oyez, oyez Mouzungus, nous voici en Ouganda

Comme Patrick l’a demandé, voici le récit de notre passage de frontière.  C’est en fin de journée que nous arrivons à la frontière. Première étape : sortir du Kenya.  Chose assez facile en temps normal,  sauf que nous avions égaré notre carnet de passage en douane, ce document hyper important permettant l’import/export de notre camion dans les différents pays traversés.  Il a donc fallu négocier la manière de remplacer ce document si important … heureusement, nous en avions une copie scannée que nous avons imprimée en vitesse.  Ensuite, il a fallu payer une taxe de circulation pour les « bonnes routes » du Kenya 😉 beaucoup d’argent pour aucun  service.  Le problème a commencé lorsque l’on a,  en sortant du bureau, demandé un reçu qu’ils n’ont pu nous fournir.  Laurent a alors pris les documents, tous en ordre et son argent : pas de reçu, pas d’argent, logique (pour nous)!  On est donc sorti du Kenya, sans soucis.  Seconde étape : entrée en Ouganda. Immigration, ok, suffit de payer.  Assurance, ok aussi, suffit toujours de payer et finalement la douane.  C’est ici que commencent vraiment les problèmes. Des agents du Kenya font le forcing pour récupérer la monnaie qu’ils avaient essayé d’empocher,  et nous demandent de retourner au Kenya payer notre dû, ce que Laurent refusa, question de principe. Cela se compliqua car les douanes ougandaises, par solidarité « East African Community », refusèrent de nous laisser rentrer en Ouganda bloquant également Franzi et Gerry, eux étant pourtant en règle. En discutant avec la police, l’immigration et la douane Ougandaise, et leur expliquant la situation, ils tiennent avec nous, car pas de reçu à cet endroit signifie pour tous : détournement d’argent.  Seule une douanière zélée refuse de tamponner nos documents.  On fait le forcing et plaçons le camion devant la barrière bloquant tout le trafic entre le Kenya et l’Ouganda ce qui ne plait pas à la douanière mais amuse tous les autres.  Elle finira par nous coller un PV.  Le lendemain matin, réunion de crise au plus haut niveau.  Nous avons raison, mais par contre, on nous demande de payer avec reçu au Kenya.  Le résultat sera que Gerry et Franzi récupérerons une partie de leur argent et que le fonctionnaire sera sanctionné car la police anti-corruption (le cas étant jugé très intéressant) s’en est mêlée.  Le PV a bien été supprimé.

Nous voici en Ouganda, enfin. Les paysages changent encore. Tout est très vert, nous retrouvons des maisons de briques rouges, de bonnes routes, des gens en bottes, …  et également la pluie. Nous approchons du 21 mars et du printemps pour vous. On vous imagine impatients de sortir au jardin, de profiter des premières journées printanières, d’écouter les oiseaux chanter, … et nous, nous entrons dans la petite saison des pluies. Chaque jour, en matinée ou en soirée, le ciel s’obscurcit et la pluie s’abat sur nous. L’eau s’écoule le long des pistes.

Première étape obligée Kampala et son « Club Med ». Piscine, tennis, petits joggings, des buffets à chaque repas, grande chambre, soirée à thème, … On s’est laissé vivre pendant une semaine chez la marraine d’Augustin qui nous a hébergés comme des rois. Les enfants retrouvaient les joies d’une maison, jouaient avec les petits chatons, le chien. Augustin n’a jamais été aussi content durant le voyage, deux semaines avec sa marraine et sa famille, on ne le voit plus, on ne l’entend plus, il joue avec Jules. Une très bonne semaine, merci à toute la famille pour leur accueil, leur disponibilité malgré l’école, le travail, … alors que nous étions certainement très envahissants.  Mais nous devons repartir, rallumer le moteur et reprendre notre route.

Nous décidons d’aller jusqu’aux chutes de Murchison. Un petit retour aux sources. Le Nil, toujours lui. Pas celui dans lequel on va prochainement placer un collecteur près de chez nous. Non, celui que nous avons suivi en Egypte et au Soudan jusqu’à Karthoum. C’est là que nous avons observé le confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu. Nil Bleu que nous avons suivi jusqu’à sa source et ses chutes en Ethiopie. Maintenant, c’est en Ouganda, que nous retrouvons le Nil Blanc et ses chutes. C’est un endroit magnifique dans une réserve naturelle peuplée d’animaux. Les chutes sont vraiment très impressionnantes surtout vues d’en haut. Nous nous perdrons dans le parc tout en observant les animaux : des cobes d’Ouganda, des gazelles, des hippopotames, des éléphants, des buffles, … et même des crocodiles lors d’une balade en bateau sur le Nil.

Ensuite, nous nous dirigeons vers une série de lacs de cratères dans la région de Kibale. Nous y faisons de jolies balades en forêt ou à travers les champs de bananiers. Ces endroits sont très paisibles et ont beaucoup de charme.

 

Nous sommes décidés à rejoindre la frontière avec le Congo et tenter d’y entrer (on dit bien tenter car d’après nos indics, ils demanderaient juste la petite somme de 240 $ par personne pour les visas d’entrée). En chemin, nous traversons le parc du Queen Elizabeth. Soudain, Guilhem nous dit : « J’ai vu des éléphants ». On fait marche arrière et on s’arrête. Nous grimpons sur le toit du camion pour observer ces pachydermes. A notre grande surprise, tout le clan a décidé de traverser la route juste devant nous pour rejoindre un lac un peu plus bas. Une quinzaine d’éléphants ou éléphanteaux passent ainsi devant nous.Un super spectacle sous nos yeux. Un peu plus tard un second groupe essaye de traverser, mais des voitures un peu trop bruyantes les font faire demi-tour.  Seul, le plus grand traverse et montre beaucoup d’agressivité et charge à chaque bruit de moteur.  C’est vraiment très impressionnant.

Notre route continue à travers les plantations de thé, les petits villages où nous nous arrêtons de temps en temps pour manger dans un petit bui-bui local, pour faire repriser nos vêtements usés, pour acheter quelques fruits ou brochettes de viande sur le bord de la route.

Nous descendons dans le sud-ouest de l’Ouganda, rejoindre, juste pour une soirée, Franzi et Gerry, installés depuis quelques jours au bord du lac Bunyonyi. La frontière avec le Congo n’est plus qu’à 80 km du lac. Nous progressons plus ou moins vite en fonction de l’état de la route qui se dégrade en passant les cols. Mais les vues sont magnifiques quand le soleil est avec nous.

 

Passerons nous la frontière (à coût réduit) ???

 

 

Bon anniversaire à Mouch, Peter, Corinne, Mahaut, Nathalie et Marie !

Le Kenya du Nord au Sud et de l’Est en Ouest

Après ce passage de frontière trop facile, nous étions obligés de poursuivre sur les pistes qu’on vous a déjà décrites en long et en large. C’est là que nous avons perdu le frigo, une batterie, la clé pour démonter les pneus, que les armoires se sont détachées les unes après les autres, que lors de gros chocs, la cabine allait taper sur le réservoir de pression d’air pour les freins. Ce qui a provoqué une légère fuite que Laurent aidé de Gerry et Roger ont dû réparer un soir. Enfin, un village. Nous trouvons un semblant de garage qui nous répare notre fuite à l’aide de colle Super Glue et un peu de sable et nous aide à resouder la porte de la cellule.  Nous échangeons, dans une mission catholique, un petit peu de shillings Kenyans. Nous y rencontrons 2 anglais et 1 israélien à vélo. C’est tous ensemble que nous voyagerons jusqu’à Loyangalani au bord du lac Turkana.Là, à nouveau dans une mission catholique, nous nous offrons une cure de repos dans une piscine alimentée par de l’eau d’une source chaude (au moins 35 °) et un petit peu de recueillement lors d’une messe haute en couleurs et en chants.

Plein d’optimisme, nous nous approchons du lac pour une petite baignade. Malheureusement, c’est la cata, le camion est à nouveau embourbé. Mais cette fois-ci, il est bien planté. Laurent essaie de sortir tout seul, ensuite Gerry essaie de nous tirer, puis Roger l’accompagne mais toujours sans succès. Nous sortons toutes les pelles et creusons durant plus d’une heure. Une troisième voiture, un couple de Hollandais, nous rejoint. C’est finalement un trio de 4×4 qui, ensemble, nous sort du sable. C’est donc un peu plus loin que nous irons goûter à l’eau du lac où Roger perd son alliance.  Équipés de masques, nous la retrouverons heureusement assez vite. Les pistes continuent et se terminent par ces 20 derniers km de tôle ondulée qui achèvent le camion.Une fois sur le macadam, nos deux couples de Saint-Bernard nous laissent rouler à notre rythme. En effet, nos chemins se séparent car nous partons sur la côte dans le sud du Kenya pour une semaine de vacances au bord de l’océan en compagnie de la marraine d’Augustin et de toute sa famille. En chemin, à Nyeri, nous visitons la maison de Baden Powell et sa tombe face au mont Kenya (vous connaissez Laurent et son engagement pour les mouvements de jeunesse 🙂 ). Ensuite, petit passage obligé par Nairobi, dans le célèbre Jungle Junction où tous les voyageurs se retrouvent pour quelques achats et réparations (vitre pour la fenêtre du toit, changer tous les pneus, et une nouvelle clé (au cas où nous aurions une crevaison), du bois pour fixer les armoires, des nouveaux amortisseurs pour la cabine (pas trouvés), souder à nouveau la porte de la cellule, … , obtenir les cachets d’entrée au Kenya dans nos passeports, … et tout cela en moins de 24 h (un exploit d’après le propriétaire de Jungle Junction qui nous prévoyait une semaine au moins). Nous arrivons enfin à Malindi et retrouvons Joëlle, Bernard, Anton, Océane, Florence et Jules pour notre plus grand plaisir et en particulier celui d’Augustin. Nous profitons des plages, de l’océan et de sa température plus que douce et agréable et … des moustiques.Nous prenons, c’est certainement difficile à entendre, enfin, notre temps lors de grands festins garnis de fruits et de légumes. Lors d’une de ces pauses, nous débattons sur un nouveau sujet proposé par Océane (pour une présentation  pour l’école). Voici la question que nous vous soumettons : « Faut-il donner aux pauvres ? ». Question bien difficile … qui nous accompagne durant tout le voyage et certainement encore après. Notre route continue en direction de Lamu, mais cette fois-ci à 13. Nous sommes en compagnie de 6 nouveaux convoyeurs bien courageux de tester le camion sur les pistes. Lamu est une île au nord du Kenya, interdite aux véhicules, nous abandonnons donc notre camion pour la deuxième fois (la première se passait dans le Simien Park en Ethiopie, où nous avions dormi sous tente lors d’un trekking) pour 3 jours de grand luxe dans un hôtel au bord de l’eau.3 jours au milieu de la culture swahilie, parcourant les petites ruelles de Lamu et de Shela, se laissant porter au fil de l’eau par les boutres. Les boutres, ce sont ces magnifiques bateaux en bois avec une grande voile blanche inclinée en fonction du vent. Elles nous emmènent observer les poissons et déguster un magnifique poisson grillé au milieu de l’océan. L’avion ramènera nos 6 vacanciers vers Kampala en Ouganda que nous rejoindrons un rien plus tard par la route (enfin si on appelle cela des routes). Comme vous le savez, nous retraversons le Kenya et remontons vers le nord. Les routes sont longues mais nous avons de la chance de croiser de temps à autre des animaux tels des zèbres, une girafe, des hippopotames, des gazelles, des singes, un vrai spectacle en plein air. Les enfants sont émerveillés et profitent de chaque nouvelle rencontre. Mais Gerry et Fränzi nous attendent au Solio Range. C’est un parc privé, peu ouvert aux visiteurs, spécialisé dans l’observation et reproduction des rhinocéros blancs et noirs.

Les petits suisses y ont travaillé, bénévolement plus d’une semaine, ils recherchaient une dizaines de rhinocéros noirs disparus depuis plusieurs mois. Le parc souffre d’énormément de braconnage les soirs de pleine lune. Grande récompense pour les enfants, d’abord nous retrouvons Fränzi et Gerry, ensuite nous passons une journée intense sur le toit du camion à chercher, observer, filmer, photographier différents animaux. Nous avons la chance d’y voir, des guépards, un léopard, des buffles, des girafes, des zèbres, des phacochères, des chacals, des impalas,…. , des singes, et  bien sûr des rhinocéros. Guilhem et Hubert sont très doués pour repérer les animaux, alors qu’Augustin les photographie. Isaline et Aymeric se sont trouvés une place sur le toit et sont émerveillés.

Une très bonne journée. C’est avec les petits suisses que nous prenons la direction de l’Ouganda. Souvent, avant de prendre une route, on se renseigne sur son état et les réponses sont souvent les mêmes : « elle est très bonne ». C’est donc avec optimisme que nous nous mettons en route. Mais quelques kilomètres plus loin, les ornières, les trous, les dos d’âne, … apparaissent et avec eux les secousses dans tout le camion. De plus, ici au Kenya, il y a énormément de camion sur les routes et la conduite se fait à gauche. Pour chaque dépassement, nous devons vraiment nous déporter sur le côté pour espérer voir quelque chose, souvent toute la famille donne son avis « ça va, après le camion tu peux y aller, encore trois voitures et puis c’est bon,  … ».  Laurent se perfectionne encore dans la conduite du camion, après les petites rues des souks, les boulevards encombrés du Caire, les ponts trop bas, la circulation en sens inverse sur les autoroutes en construction en Syrie, les demi-tour, les pistes trop étroites ou trop basses, la conduite dans le sable ou sur les blocs de lave, …, voici maintenant la conduite à gauche. Il s’en sort à merveille et toujours avec énormément de calme et de patience.  Voilà nos derniers kilomètres au Kenya. Un Kenya que nous aurons traversé du Nord au Sud et de l’Est en Ouest mais un peu en dehors des grands classiques tels que le Massai Mara, le Tsavo, l’ascension du mont Kenya (que nous avons tout de même bien vu dans le Solio Ranch et dont vous avez un apperçu ci dessous), un magnifique trekking et encore certainement plein d’autres. Comme nous disons souvent en sortant d’un pays, il faudra revenir ….
PS : Nous souhaitons un bon anniversaire à Evelyne, Willy et Françoise

5 semaines en Ethiopie

Nous arrivons à la fin de notre séjour en Ethiopie. Après la vallée de l’Omo et notre rencontre avec ses peuplades, nous empruntons les pistes pour passer, de manière clandestine, la frontière avec le Kenya. Il nous reste environ 130 km.  Nous sommes comme hors du temps, hors de toute civilisation excepté quelques villages perdus dans des étendues incroyables.

De temps en temps, nous croisons un groupe de femmes et enfants puisant de l’eau. Elles creusent un trou de 80 cm de profondeur  dans le lit d’une rivière en saison des pluies. Très vite, il y a de l’eau qu’elles  prennent  à l’aide d’un petit pot en plastique et qu’elles versent dans de gros bidons. Ces gros bidons jaunes utilisés dans tout le pays et transportés sur la tête, sur le dos, sur le dos des ânes, sur des charrettes. Une fois remplis, elles repartent les bidons sur la tête vers quelques huttes rassemblées un peu plus loin sur la piste. Quand nous nous arrêtons, ce sont des hommes qui viennent à notre rencontre, toujours avec leur fusil, leur repose tête en bois, un bâton et de temps en temps une bouteille en plastique (souvent vide).  Ils nous observent et restent souvent de longs moments. Nous arrivons devant une barrière, un poste de police, derniers éthiopiens avant le Kenya. Soudain, Laurent s’arrête. Pourtant, la piste n’est pas difficile, il n’y a pas d’obstacle, nous ne sommes pas en panne et les autres suivent. Rien dans les paysages ne change et cependant le GPS nous indique la frontière avec le Kenya. Nous sommes tous ravis, nous y sommes. Mais la route sera encore longue avant de revoir le macadam, une station d’essence, une banque, …

Nous voici donc à la fin d’un merveilleux périple à travers toute l’Ethiopie. 5 semaines intenses, avec des paysages magnifiques, une nature éblouissante.

Des montagnes, des sommets à plus de 4000 m, des plaines, un volcan, une mer de sel, les lacs d’acide, des lacs et des rivières, des plantations de bananes, de coton, …, des animaux peu connus de nos contrées, des ibex, des babouins, des oiseaux aux multiples couleurs, des dik dik, des tortues énormes, des lézards, …et un peuple.

Un peuple qui marche.

Sur toutes les routes, des gens à pied, des femmes et des enfants pliés en deux sous le poids de leurs fagots de bois, de bidons jaunes remplis d’eau, de grands sacs de grains ou de riz.

Un peuple très pauvre. Certainement habitué aux aides humanitaires. Ils considèrent les étrangers comme des portefeuilles ambulants. Dès que nous nous arrêtons, même dans les endroits reculés, nous sommes entourés d’une dizaine de personnes si pas plus et tous à crier les même mots « give me, give me pen, give me money, give me … ». Même sur le bord de la route, les enfants nous font signe en criant « give me ». Malheureusement, bien souvent, ils nous jettent des pierres car nous ne répondons pas à leur demande. Malheureusement, nos enfants se sentent souvent menacés voire attaqués. Au cours de ces 5 semaines, nous n’avons passé que 2 soirées sans observateurs ou scouts, mais à notre réveil, tous les jours nous étions entourés. Certains passant la nuit dehors devant les véhicules avec juste une couverture, qu’ils portent toujours sur eux, pour se protéger du froid de la nuit (en effet, nous sommes souvent à plus de 2000 m d’altitude et les nuits sont fraîches).

Ces 5 semaines, ce sont aussi et surtout  5 semaines de partage avec Franzi et Gerry.

Un tout grand merci à eux deux.

 

PS : Un très joyeux anniversaire à Guibert et Chacha.

Et de très bonnes vacances de carnaval à vous tous

En route vers le Kenya : la vallée de L’Omo

Nos amis suisses nous proposent de les suivre et de faire route ensemble via la vallée de l’Omo et ses peuplades encore « authentiques » et rejoindre le Kenya par la rive est du lac Turkana. Nous sommes tentés et faisons route ensemble à partir de Jinka, dernière ville au sud-ouest de l’Ethiopie encore reliée au macadam (avec des hôtels, des magasins mais déjà plus d’ATM, ni de carburant). Dernier macadam avant Merille au Kenya. Nous partons donc à la rencontre des Mursis et des Hamer (d’autres tribus vivent encore dans cette région tels les Ari, Banna, Bumi, Karo et Surma). Les Mursis sont célèbres par leurs combats très acharnés entre hommes et les femmes à plateau. Ces femmes portent (de manière occasionnelle, on vous rassure) des plateaux d’argile allant jusqu’à 15cm de diamètre placés dans leur lèvre inférieure (très pratique pour déposer le verre de bière du mari, …) et montrant leur statut social. Les Hamer quant à eux sont spécialisés dans la décoration de leur corps (pour avoir tué un ennemi, s’être marié, ainsi que le nombre de femmes qu’un homme possède, …). Ces différentes tribus vivent maintenant en partie du tourisme et monnayent l’entrée au village et leurs photos. Ils ont bien compris comment gérer leur image.

Des questions existentielles se posent à nous. Faut-il aller les voir et les prendre en photo comme on irait au zoo ou plutôt passer notre chemin? Ces personnes vivent dans des coins reculés et très hostiles à toute présence humaine. En y allant, nous  leur apportons un certain revenu et nous entretenons leurs coutumes. Est-ce bien ou non? Nous ne savons pas. Nous lançons le débat et attendons vos avis et commentaires.

Les échanges sont tout à fait biaisés, de nous,  ils n’attendent que de l’argent et non une rencontre. Nous avons néanmoins réussi à jouer avec leurs enfants, à leur offrir des photos de groupe et Franzi a pu les filmer avec sa caméra alors qu’ils pensaient se regarder dans un miroir. Ils ont bien apprécié ce jeu et ont fini par se filmer les uns les autres. Nous leur avons également rempli leurs gourdes, bidons ou bouteilles d’eau grâce à notre super citerne (Merci Distritank :-)).

Nous pensons que notre approche a certainement dû les étonner.

Courrier des lecteurs :

  • Nous avons déjà parcouru 22 000 km depuis la maison (en 5 mois).
  • Pour le carburant, nous avons une petite réserve qui peut contenir jusqu’à 1200 l et nous consommons en moyenne 23 l/100 km.
  • Hubert confirme à Nicolas que le voyage est vraiment très chouette
  • En ce qui concerne l’école, durant les longues heures de piste, seuls les exercices oraux sont possibles et encore …
  • Pour les crêpes, nous avions pris une poêle à crêpes. Nous trouvons tous les ingrédients sur place excepté le lait remplacé par du lait en poudre.
  • Les articles des enfants sur les pays traversés sont en cours de préparation, merci de leur mettre un peu la pression.
  • Pourquoi remontons-nous vers le nord ?  Pour faire un petit tour en Somalie 😉
  • Les ruelles de Lamu sont effectivement très étroites mais on vous racontera plus tard notre expédition sur cette île.
  • Ne nous parlez pas trop de chocolats, nous n’en trouvons guère par ici.

Suite au prochain épisode avec peut être un spécial nourriture par Béné

P.S.  Un très heureux anniversaire à Périnne, Tom et Christophe.