Archives par mot-clé : Erta Ale

Dépression de Danakil, Dalol, suite …

Notre dernier article nous a arrêté au sommet de l’Erta Ale, un volcan en activité depuis pas moins de 120 ans … il n’y en aurait pas d’autre en activité depuis aussi longtemps  …  la dernière éruption datant d’environ 3 mois …

Pour répondre à vos questions, nous ne savons pas non plus d’où sont arrivés les dix convives supplémentaires … mais ils étaient bien à table !

Les « Scouts », gardes armés que nous côtoyons depuis le début de Éthiopie, ont cette fois voulu nous impressionner et ont tiré effectivement sur les parois du cratère à un endroit où la lave sortait des parois (cela ressemblait à des yeux rouges qui nous regardaient). En tirant dessus, ces « yeux » s’éteignaient (un peu comme dans l’attraction « Tout en Camion » à Walibi).  Ils ont en même temps pu répondre à la question que les enfants se posaient depuis longtemps : ont-ils des munitions ? Hé bien oui !   En observant bien une des dernières photos de l’article précédent, on peut même voir les étincelles jaillissant de l’arme.

Si on n’est pas toujours assez rapide pour publier, vous pouvez toujours  lire les articles de nos compagnons de route (Corinne et Adrian qui ont déjà publié ou encore Fränzi et Gerry qui sont sur le point de publier) ou encore attendre la revue de presse d’Alain et Françoise … (ndlr, au moment de publier, on se rend compte que vous nous avez devancés …)

Pour notre GPS, qui nous avait lâché le 24 décembre, à 100 mètres du lieu de RDV pour fêter la Noël, nous avons enfin réussi à nous en procurer un nouveau … livré non sans difficultés ce mardi 1 février grâce au support de notre ambassade à Addis Abeba (le GPS  nous attendait bloqué à la douane de l’aéroport depuis le 6 janvier).

Nous avons été accueillis par l’ambassade comme à la maison.  Tout le personnel étant excessivement agréable et serviable !  Un tout grand merci à Mireille, Jirga, Wouter, Victoria et Moulou qui ont été bien sympas avec nous…

Pour revenir à notre récit, nous avons redescendu le volcan une fois le jour levé, trois petites heures de descente. Pas le temps de trainer, nous remontons dans le camion car nous devons refaire la piste dans l’autre sens et notamment les 10 heures pendant lesquelles nous nous étions enlisés deux fois.

Bon, on s’est dit que si nous avions pu faire la route dans un sens, on devrait pouvoir la refaire dans l’autre sens, mais c’était sans compter sur notre guide local (J’ai expliqué aux enfants que ce sage (Le guide , le « Vieux » sur les photos, c’est selon), embarqué au premier village,  était probablement leur meilleur GPS, mais que de temps à autre, il perdait ses satellites et se retrouvait un peu perdu).  Notre guide a pu nous mener à bien jusqu’à l’endroit où nous avons déposé le GPS complémentaire (guide), pris à la rivière.  Ensuite, il a voulu prendre un raccourci, mais là, le sol était de nouveau trop mou et les gouttes commençaient à nouveau à perler sur le front de Laurent.  On s’est enlisé une première fois, ensuite une seconde. A ce moment, on a dit au GPS-guide que nous en avions un autre (dans la voiture de Fränzi et Gerry), un vrai avec notre trace de la veille et que l’on proposait de la reprendre.   Adrian qui nous a toujours donné de très bons conseils (et pas que cela d’ailleurs) pour sortir de la m… (mud) commençait à être un tout petit peu irascible. On décide alors de lui donner une dernière chance avant de suivre notre propre GPS.  Il a dit OK et est passé à pied devant le camion pour montrer le passage.  Ça s’annonçait bien, Laurent le suivant très lentement jusqu’au moment ou paf, tout d’un coup, c’est l’embardée, le train avant plonge dans la boue.  Stop, demi tour, on attache le camion aux 4×4 (mais pour cela, on est maintenant rodés), on change l’ordre des véhicules, le GPS passe devant et nos guides qui se trouvent toujours dans le camion clôturent la marche, derrière les 2 4×4 des « petits suisses »,  vu que vous les appelez comme ça.  La route se passe mieux, nous sommes comme sur des rails. La zone à risque étant derrière nous, nous redonnons les commandes à notre GPS local un peu offensé (le guide n’avait visiblement pas l’habitude de faire cette route avec un 12 T et ne supportait pas être remplacé par une machine). En route, nous rencontrons une autruche, un loup éthiopien (le second, nous avons énormément de chance car il en reste environ 600 au monde), un brasseur que nous embarquons en échange d’une gorgée de bière locale ( La cuvée des Beaufs, vous connaissez ?) et 2 autres 4×4 plantés dans le sable. Au village, l’un des deux conducteurs nous demandera de l’aide pour le sortir de là (ça fait une semaine qu’il serait planté dans le sable et que personne n’arrive à l’en sortir). Après concertation des trois véhicules, nous décidons de ne pas lui apporter notre aide (Laurent n’en dormira pas) car la suite du programme est encore bien chargée (et on est déjà debout depuis 1h du matin).  Aller l’aider impliquait la mobilisation de nos trois véhicules et de leurs occupants pendant une demi -journée (que nous n’avions pas …). A 8h00, le lendemain, nous partons pour les lacs d’acide de Dalol. Nous traversons des étendues de sel et à nouveau le stress nous envahit. Le sol est de plus en plus humide. Le camion perd de la vitesse, Laurent rétrograde de plus en plus pour se retrouver en 2éme. Si le camion s’enlise ici, on aura énormément de difficultés à le sortir de cette zone humide de quelques kilomètres. Dans le camion, tout le monde se tait et fixe ce sol blanc/brun. Enfin, le sol durcit, c’est bon, on est passé. Devant nous, les couleurs apparaissent sur le blanc du sel. Ce sont les magnifiques couleurs des lacs d’acides avec des dégradés de blanc, vert, jaune, ocre et  rouge. C’est un spectacle magnifique. Jamais, nous n’avons vu de pareilles couleurs.  On se croirait dans un autre monde. Par ici, des concrétions telles des stalactites toutes blanches, par là, des étendues d’eau bleues ou vertes au milieu du jaune. Nous marchons au milieu de toutes ces couleurs qui s’accrochent à nos semelles. C’est incroyable. Après, nous nous retrouvons au milieu d’un château aux mille tours. En publiant, Hubert nous dit : « ce qu’on a vu, c’est beaucoup plus beau que cela ! »

Ensuite, notre admiration va pour les caravanes de sel et l’énorme travail des hommes en plein soleil (Il fait en général autour des 50°C) pour détacher des plaques de sel qu’ils taillent à mesure et ficellent alors sur le dos des ânes ou des dromadaires. Ensuite, ils marcheront durant 7 jours et parcourront plus de 200 km pour rejoindre la ville de Mekele. Toute cette énergie pour quelques croutes de sel !

La route du retour semble plus facile, il ne reste plus que 200 km de piste pas trop difficile.  Nous repassons par le village pour déposer notre scout et notre vieux guide, on se dit que l’on arrive (enfin) vers la fin de cette aventure.  Au village, on nous demande juste un lift pour une personne jusqu’à Mekele (soit 150km), on prendra finalement 4 personnes, dont une jeune fille qui passera une bonne partie du trajet à côté de Laurent, assise sur le levier de blocage de différentiel … du sport pour bloquer et débloquer ce différentiel en toute urgence 🙂 .

La route commence à monter, elle est boueuse car il a plu sur la piste pendant que nous étions à l’Erta Ale et à Dalol.  On s’inquiète un peu, mais tout se passe bien, le 4×4 était cette fois bien nécessaire.  Il commence à faire nuit, mais pas de soucis.  Soudain, on voit un camion local bloqué, il ne sait plus monter.  Puis un second, puis un troisième.  En fait la route est bloquée.

On essaye de trouver une solution pour les aider, mais rien ne semble possible.  On pousse un camion (avec le nôtre, mais en poussant, il touche un autre, les chauffeurs se fâchent, un peu de tôle froissée, et tout se bloque, le camion touché ne veut plus que l’on touche à quoi que ce soit).  Ils vont alors manger et la suite s’annonce pour le lendemain.  Zut alors, nous qui voulions retrouver la civilisation le soir même ( Nous avons toujours ces 4 occupants qui s’apprêtent à dormir dans la cabine, nos vivres diminuent car nous avions du nourrir un peu de monde en route, la boue est omniprésente … un petit spectacle d’apocalypse … ).  Pour débloquer la situation, Laurent va boire un thé avec les chauffeurs (et va faire un peu caucause).  L’un d’eux nous dit : je vais vous aider, vous dormirez à Mekele ce soir.  La condition : Laurent  devait l’aider à sortir son camion une fois que nous serions passés devant eux.  Ce que nous acceptons.  En fait, nous étions tombés dans un guet-appends.  Ils avaient volontairement bloqué la route pour que les personnes derrière soient obligées d’être solidaires.  Ils nous aident à passer donc on doit les aider à s’en sortir.  Une fois cela compris, on sera sur nos gardes, tout en restant très aimables et un jeu de « je te bloque, tu me bloques, je te débloque, tu me débloques » s’engage, une vraie partie d’échecs que nous avons finalement gagnée à 1h du matin.  On a pu passer et ils couraient derrière nous, tout comme notre dernier guide qui avait déjà mal aux pieds.  Il a cru un moment que nous l’abandonnions sur place. Il n’aura jamais couru aussi vite dans sa vie.  On le récupère et rentrons à Mekele vers 3 heures du matin.  Tout est bien qui finit bien, mais que d’émotions !

De très heureux anniversaires à Béatrice (avec un peu de retard), Donatienne, Eric et Nicolas (un peu en avance)!

L’ethiopie, quel changement !

Depuis la frontière tout a changé.  Laurent a pu boire une bière et acheter une bouteille de vin.  Béné a pu enfin tronquer son pantalon pour une mini jupe et lever le voile …  L’Islam et ses mosquées faisant petit à petit place au Christianisme et ses églises (orthodoxes).  Ici,  les croyants prient à l’extérieur, face aux murs,  fêtent Noël le 7 janvier, l’épiphanie le 19 (Timkat, la fête la plus importante pour eux).  La chandeleur, on ne la fête pas ici, mais nous vous invitons tous le 2 février pour manger des crêpes dans notre camion.  On vous enverra les coordonnées GPS vers midi. Si vous pouviez apporter un peu de viande, du fromage (pas de « Vache qui rit », on en a plein ici), de chocolat (du qui fond au soleil), du bon vin.  Pour les œufs, la farine et le lait, on se débrouillera !  Sinon, nous sommes passés de l’an 1432 en 2003 et tout cela, juste en un passage de frontière.  Une autre différence, ici, le soleil se lève vers une heure du matin et se couche vers une heure du soir.  A midi, il est donc 6 heures du matin.

Les paysages désertiques que nous côtoyions depuis la Syrie (Palmyre, à quelques dizaines de km de l’Irak, un superbe oasis au milieu du désert) ont évolué vers des paysages plus verts et surtout beaucoup plus montagneux (les enfants ont pu atteindre leur premier 4000 !).  Les paysages sont magnifiques et très variés.  Nous avons pu voir des montagnes avec des falaises vertigineuses (plus de 500 mètres de dénivelée) et des pistes à n’en plus finir.  Après les 400 km de pistes du nord du pays qui nous avaient amenés de Gondar à Mekele en passant par Debark, Axum et Adigrat et nos 4 jours de trekking à Simien, nous pensions que c’était fini et que nous allions enfin retrouver du bitume (comme nous en avions pris l’habitude , à notre grande surprise dans les pays précédents). Nous avons opté pour un parcours un peu hors des sentiers battus : le site exceptionnel de la dépression de Danakil.

En deux trois mots : Tout d’abord, on nous a dit qu’il fallait y aller (même si on en parle dans peu de guides et que les tour du nord de l’Ethiopie ne passent pas par là …), que c’était très cher pour y aller (des vrais prix pour touristes fortunés.  Ouf, on a tout de même trouvé un bon filon qui nous a permis de réduire le coût annoncé par certains de plus de 65%.  Si un jour vous passez par ici, on vous conseille notre ami Abel à Mekelle, responsable d’un garage spécialisé en pompes à injection, qui se fera un plaisir de vous y emmener).  Ensuite, on a compris que pour y aller, il fallait monter toute une expédition. On traverse des territoires gérés par des « rebelles », ayant pour le moment un pacte avec le gouvernement,  qui  leur permet de faire un peu ce qu’ils veulent dans la région et ce moyennant une paix qui semble maintenant y régner.

On s’est donc retrouvés à trois véhicules.  Deux 4×4 Suisses (Corinne et Adrian avec qui nous avions déjà fêté Noël au Soudan et Fränzi et Gerry avec qui nous voyageons depuis l’entrée en Ethiopie et qui avaient aussi fêté Noël avec nous).

Pour cette expédition, nous avons vidé presque tout le camion (car les routes s’annonçaient très poussiéreuses) et  pris un guide (chez Abel ). Ce guide est la personne de confiance connaissant toutes les « procédures » et servant de traducteur.  Et les procédures, il faut les connaitre.  Tout d’abord, il faut payer un droit d’entrée au gouvernement (environ 70 km après s’être engagé sur la piste).  Un peu plus loin, check point, la « police » locale rentre à l’arrière du camion, ça discute ferme, les billets passent … nous embarquons finalement deux personnes : un guide qui est sensé connaitre la piste et un « scout », armé jusqu’aux dents pour nous protéger.  Notre guide a dû négocier ferme pour n’embarquer que deux personnes … La piste de cailloux continue jusqu’au village où nous allons passer notre première nuit.  C’est là que les choses vont commencer : la piste dans le désert à destination du volcan Erta Alé. Dans ce sésert, il faut se trouver un chemin car la piste n’est pas une trace et beaucoup d’itinéraires sont possibles.  On passera dans le sable, beaucoup de sable (le camion se débrouille plutôt bien, même si Laurent a déjà des gouttes qui tombent de son front.  On ne peut pas s’arrêter, au risque de rester planté dans le sable) et ensuite des terrains plus marécageux, le tout sous 45° (et on a de la chance car d’habitude, on approche des 60°, le ciel était couvert !).  Ce qui devait arriver arriva : le camion se plante dans la boue, et oui, le guide n’a pas l’habitude de passer avec un 12T, trop lourd que pour  flotter dans les marécages.  Heureusement, armés de pelles, de plaques à sable et de deux 4×4, nous arrivons à sortir le camion de ce mauvais pas.  On essaye alors un autre itinéraire que cette fois le guide ne connait plus. Il nous plante une seconde fois dans la boue.  Rebelote, armés des pelles, … on sort à nouveau le camion et cette fois, le guide prend un petit garçon du village pour nous guider.  Cinq km plus loin, nous libérons ce garçon, juste avant de nous trouver face à une rivière … cette fois, Laurent refuse de s’y enliser et donc le guide a dû trouver un autre local que nous embarquerons cette fois pour les deux prochains jours.  A ce moment là ; Laurent pense à son assurance rapatriement, jamais nous sortirons de ce désert et tous ses pièges.  Arrivée ensuite à un dernier village où nous devons aussi montrer patte blanche, le check point le plus difficile.  Là, le guide part dans la case du chef des rebelles et nous attendons au  milieu du village et des enfants. Laurent, très curieux, s’aventure dans la case où le grand chef tient son conseil de guerre. Comme vous connaissez Laurent, il fait un peu caucause et un peu plus tard, nous sommes tous invités à saluer le grand chef qui n’avait jamais vu d’enfants blancs s’aventurer jusque là. C’est une case faite en bois dans laquelle il faisait une chaleur étouffante et des dizaines d’hommes assis, tous armés. Nous recevons l’autorisation de prendre quelques photos. Nous pouvons donc repartir pour le volcan mais 5 hommes armés doivent nous accompagner (pour assurer notre sécurité, bien entendu J ). La cabine du camion étant déjà complète (12 personnes), les 4 derniers s’installent sur le toit des 4X4. Il nous reste à parcourir une quinzaine de km dans la lave à du 6km/h. Piste très difficile car non prévue pour les camions et très cassante (les pneus s’en souviennent encore).  Nous arrivons au second camp alors que la nuit tombe déjà, nous sommes épuisés par cette journée, la chaleur, la poussière, la peur de rester coincé dans ce désert et il nous faut encore préparer à manger pour toute notre escorte et leurs copains qui s’invitent (soit une petite trentaine de personnes affamées), …et puis dodo. C’est vers 1h30 que le réveil sonne pour la dernière montée vers le cratère mais cette fois-ci nous chaussons nos bottines. Les enfants sont vraiment super, ils marchent tous d’un bon pas pour arriver au sommet avant le lever du soleil. imAu loin, dans le noir de la nuit, nous fixons cette lueur rouge-orange droit devant nous.   La suite, on vous la laisse découvrir en images … nous étions sur le bord du cratère avec la lave à 15 mètres en dessous de nous.

Ethiopie - Danakil

Ethiopie - Danakil

(18.01.2011, 33 Photos)